Le blog de Jean-Marc Coppola

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mercredi 9 janvier 2008

Conférence de presse de Jean-Marc Coppola

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Jean-Marc Coppola était entouré de : - Joël Dutto, Vice-Président du Conseil Général des Bouches du Rhône - Alain Hayot, Vice-Président du Conseil Régional de Provence Alpess Côte-d’Azur - Raymond Navarro

8 janvier 2008

Je remercie les journalistes de leur présence pour ce point de presse au lendemain de la consultation des communistes de Marseille sur les municipales à Marseille, dont le 1er tour aura lieu dans 2 mois, quasiment jour pour jour.

Avant de vous livrer les résultats du vote des adhérentes et des adhérents de Marseille du PCF, je voudrais insister sur le fait que depuis plusieurs mois et particulièrement ces dernières semaines le débat démocratique est intense et permanent.

Peu de formations politiques peuvent s’enorgueillir d’une telle richesse de confrontation.

Ce qu’il s’est passé hier soir dans les 8 secteurs municipaux, ne peut pas être réduit à un vote, c’est le résultat d’une réflexion riche, de débats multiples pour construire un rassemblement de toute la gauche dans sa diversité

Nous regrettons simplement que les conditions ne permettent pas un rassemblement vraiment très large à gauche dès le 1er tour.

Nous pensons que ce rassemblement doit continuer à s’élargir.

C’est donc à partir de cette situation politique complexe qui s’est imposée à nous, que nous avons libellé le bulletin de vote de la façon suivante avec 3 propositions :

1. Je me prononce pour des listes de rassemblement soutenues par le Parti socialiste, les Verts, le PRG, le MRC et des personnalités de la société civile.

2. Je me prononce pour des listes de rassemblement soutenues par les Alternatifs, la LCR, le Groupe des Militants des Collectifs unitaires antilibéraux marseillais, des adhérents d’Utopia.

3. Je ne me prononce pas.

Ce qui a donc prévalu dans le choix des communistes :

1. C’est comment dans les élections municipales être utiles aux gens et se donner les moyens d’agir dans l’intérêt général.

2. C’est donc répondre à l’intérêt des Marseillaises et des Marseillais avec un projet pour Marseille. a) Construire une ville de Vivre ensemble, une ville Belle et Rebelle, une ville populaire du XXIème siècle. b) Répondre aux préoccupations des habitants sur les questions : - d’emploi, industriel et de services ; - de logement social pour répondre aux 22.000 demandes de logements, en faisant la proposition d’une bataille politique municipale pour préempter avec l’EPFR le foncier nécessaire à la construction de logements sociaux, et ainsi porter un coup d’arrêt à la spéculation foncière et immobilière ; - de culture (A. Hayot y reviendra) - d’environnement et d’écologie.

Pour résumer ce qui nous intéresse c’est d’avancer sur 4 notions : - La démocratie, - les Services Publics, - la solidarité, - et le respect de l’environnement.

3. Pour cela nous avons la volonté et l’ambition d’en finir avec la gestion de la droite et de JC Gaudin. Cela dans les conditions politiques actuelles, dans le cadre des institutions qu’il faudrait changer –mais ce n’est pas l’objet de mon propos ce matin– et dans le cadre du mode électoral tel qu’il est à Marseille avec 8 secteurs municipaux.

Pour s’exprimer en toute connaissance de cause, nous avons livré aux communistes le contenu de discussions que nous avons eu avec le PS.

- Un accord départemental pour des listes de rassemblement avec le PS dans les Bouches du Rhône pour confirmer les municipalités de gauche sortantes et en conquérir de nouvelles - Un accord de désistement réciproque de 2ème tour pour les cantonales

Sur Marseille

Nous souhaitons que : - Le projet municipal sera amendé de nos propositions ; - Confirmation de la reconduction du maire communiste dans le 8ème secteur (15/16) ; - 11 Conseillers municipaux minimum et le double de Conseillers d’arrondissement si ensemble nous gagnons Marseille ; - Respect de la souveraineté des communistes sur le choix de nos candidatures à proposer.

Ce n’est pas, pour l’instant, un accord, mais le résultat de discussions pour donner un cadre.

Ces discussions vont se poursuivre pour aboutir dans le respect de chacun sur le contenu et les listes. Les résultats de la consultation

- 80 % de votants sur les 8 secteurs (2300 adhérents)

- 72,8 % se sont prononcés pour la 1ère proposition

- 18,6 % pour la seconde proposition

- 8,6 % ne se sont pas prononcés

Ce résultat traduit une volonté des communistes de « TOUS ENSEMBLE », de rassemblement et d’UNION.

Je le répète, on peut déplorer que ce rassemblement ne soit pas plus large, mais l’essentiel est à venir, en créant une DYNAMIQUE de rassemblement des Marseillaises et des Marseillais.

Une AG des communistes est d’ores et déjà convoquée pour vendredi 11 janvier à 18h au siège de la Fédération, pour aboutir à un bon accord et pour engager la mobilisation de nos militants et de notre électorat.

Cet exercice démocratique est exigeant, mais c’est une garantie d’efficacité pour créer une dynamique de gagne et une mise en campagne rapide.

Je le répète il reste 8 semaines et demie pour gagner, avec une droite qui n’a pas l’intention de rester sur la défensive, qui veut politiser ces élections, qui cherche à assumer la politique gouvernementale dont il faudra pour nous, non pas seulement montrer la nocivité, le caractère antisocial et régressif de sa déclinaison, mais qui nécessitera d’apporter une perspective alternative.

Je vous remercie de votre attention.

mardi 27 novembre 2007

Construire dans la clarté à gauche

PCF. Dans un climat social agité et en vue des municipales, le regard de son secrétaire départemental.

Alors que notre pays connaît un mouvement social important et que les municipales se précisent, entretien avec Jean-Marc Coppola, le dirigeant du PCF pour les Bouches-du-Rhône.

Quelle regard portez-vous sur la période actuelle ? Dans le cadre de son entreprise de démolition des droits, des garanties collectives, Nicolas Sarkozy se heurte aux mécontentements. Il faut mesurer les attentes qui s’expriment en matière de pouvoir d’achat, de services publics, de garanties de pouvoir vivre et étudier décemment. Et en discutant avec des manifestants à Marseille, j’ai vu qu’il y a parmi eux des électeurs de Nicolas Sarkozy qui se trouvent déçus des non réponses à leurs attentes par rapport aux messages qu’ils avaient perçu de la part du candidat Sarkozy.

Il dit qu’il s’agit de s’adapter à la mondialisation. Alors ? Est-ce qu’il faut s’adapter à des pays comme l’Inde ou la Chine où les retraites sont quasi inexistantes, où les salaires sont 30 à 40 fois moins élevés que dans les pays européens ?

Cette situation n’interpelle-t-elle pas la gauche ? Cela lui confère une responsabilité. On ne peut ni rester dans la révolte face aux mesures Sarkozy, ni se limiter aux seuls aménagements de ces mesures. Il faut construire des alternatives politiques et tirer tous les enseignements des échecs en y répondant autrement que par une recomposition politique.

Comment se présentent les élections de mars 2008 ? Elles seront un moment de la riposte. Il ne s’agit pas d’une revanche de la présidentielle mais elles se joueront sur des enjeux comme la pratique démocratique, la solidarité, la réponse aux besoins des citoyens, l’efficacité de la puissance publique au service du plus grand nombre.

Quelle est la situation à gauche dans le département ? Il y a deux facettes : Marseille et le reste. Dans les Bouches-du-Rhône, il y a partout des discussions, des constructions positives entre l’ensemble des forces de gauche et du peuple de gauche qui ont non seulement envie de conforter les majorités de gauche sortantes mais aussi d’aller à la conquête d’un certain nombre de communes. Je pense notamment à Port Saint Louis du Rhône, à Roquevaire, Miramas ou La Ciotat…

Et puis il y a Marseille où la gauche reste dans l’impasse. Je me pose la question : la volonté de battre la droite est-elle vraiment dans les têtes de tous les responsables à gauche dans cette ville où se développe depuis douze ans les inégalités et où des pans entiers sont livrés aux affairistes et aux financiers.

Cette situation est d’autant plus grave que Marseille est peut-être à un tournant de son histoire et que la victoire est possible pour la gauche du fait du grand nombre d’hommes et de femmes qui aspirent à y vivre mieux, à pouvoir s’y loger décemment, à avoir droit à la parole. Mais pour cela, il faut que toutes les forces de gauche s’unissent sur un projet, sur des pratiques démocratiques qui rompent avec celles de la droite affairiste. Les forces de gauche ne se sont même pas rencontrées une seule fois pour aborder ces sujets. Début octobre, j’avais convié la gauche à une rencontre : seul le Parti Socialiste n’est pas venu.

C’est la raison pour laquelle j’ai réitéré une invitation à une telle rencontre pour ce lundi soir. J’en appelle franchement à la responsabilité et au soucis de l’intérêt général. Jean-Noël Guerini explique qu’il ne veut pas d’accords avec les partis mais qu’il veut ouvrir ses listes à quelques élus communistes. Je considère d’ailleurs que la démarche de neuf élus municipaux communistes de Marseille de s’engager déjà derrière lui, masque la réalité des obstacles qui restent à lever pour une dynamique de gauche dans cette ville. Je le dis tranquillement, les communistes ne se sentent pas respectés par une telle démarche et ce n’est pas ainsi qu’il rassemblera notre électorat. Aujourd’hui, le débat sur le projet, la construction des réponses aux attentes des populations, les candidatures doivent se faire dans la transparence et la clarté sur la place publique. Ce serait le premier acte, voire le premier signal d’une vision citoyenne de la gestion de la ville.

Parce que le PCF et les communistes demeurent convaincus de l’efficacité du rassemblement pour que la gauche gagne – et ce serait une première depuis 20 ans – ils restent ouverts dès ce soir au dialogue afin de construire des listes d’union avec le PS et toutes les forces de gauche. Et cela pour un véritable projet pour Marseille et avec une conception démocratique de la politique.




Entretienréalisé par P.B. Photo Robert Terzian

mercredi 17 octobre 2007

Conférence de Presse du 16 octobre sur la retraite

Conférence de presse de Jean-Marc Coppola

Conseiller régional PC de Provence Alpes Côte d’Azur

Mardi 16 octobre 2007




Mesdames, messieurs,




Je voudrais d’abord vous remercier pour votre présence ici. C’est tout un symbole de tenir cette conférence de presse dans ce lieu, puisque nous sommes situés face au bâtiment de la Caisse de prévoyance et de retraites des cheminots : un des 124 régimes spéciaux qui existent dans notre pays. Une invitation pour vous présenter le texte argumentaire - pétition envoyé aux grands élus de la Région, de droite comme de gauche, il y a environ un mois, pour qu’ils puissent prendre connaissance, réfléchir et soutenir ma démarche. Je vais vous présenter dans un instant les premiers signataires…(mise en ligne sur mon blog, donc consultable et permettant à tout moment d’être pétitionné et porté à la connaissance des syndicats des corporations concernées) Auparavant, je voudrais vous donner quelques éléments de fond sur ce sujet, qui sera au cœur du premier grand mouvement social que Nicolas Sarkozy aura à affronter et ainsi vous dire les raisons de mon soutien et celui des communistes à la journée d’action du 18 octobre.




La droite explique que :




- Elle veut remédier aux injustices.

- Elle veut assainir les finances des caisses de retraites et rendre le système viable.

- Elle veut moderniser des mesures qui datent de la Révolution industrielle.

- Elle veut permettre à notre pays de s’adapter aux canons de la mondialisation et de l’Europe.




Je considère que sur ces quatre points il y a tromperie




Concernant les injustices




- C’est la droite qui a créé les différences entre les régimes en s’en prenant avec acharnement au régime général, le plus fragile. Tout cela pour engager notre pays dans une spirale du déclin social. Nous savons que très prochainement, et ce pour tous les régimes, ce sont de nouveaux allongements qui sont programmés. C’est cela l’injustice : il y a aura ceux qui peuvent se payer une retraite digne et ceux qui ne pourront pas, et qui mourront avant d’avoir pu y goûter.




- La droite n’a pas pour but d’assainir les finances, et cette réforme n’y parviendra pas plus que les deux précédentes en 1993 et 2003. Elle cherche simplement à faire disparaître le système de solidarité qui existe. Pour assainir les finances, il faudrait arrêter les exonérations de charges sociales totalement inefficaces et trouver de nouvelles sources de financement.




- La pénibilité au travail, comme l’ont dénoncé les manifestants de samedi dernier sur les MP / AT, n’a pas disparu avec l’apparition de nouveaux métiers et les différentes révolutions technologiques que nous avons connues depuis soixante ans. Il faut donc porter un nouveau diagnostic, ce que ne propose pas le gouvernement, qui veut simplement biffer des lignes sur sa liste.




- La mondialisation, ce sont aussi de nombreux pays où des hommes et des femmes essayent de gagner des droits, notamment celui à la retraite, il ne faudrait pas l’oublier. D’autre part, nous pensons que le courage politique implique non pas de courir vers l’abîme de la mondialisation capitaliste, mais de résister aux logiques mortifères qui sont les siennes. Nous pensons que la puissance publique, c'est-à-dire l’émanation de la volonté du peuple doit s’affirmer pour garantir les droits humains fondamentaux.




La vérité, c’est que rien ne nous est imposé par les circonstances. L’INSEE affirme qu’en 2050, il y aura 1,62 actifs pour 1 retraité.

Nous sommes en face d’un choix de société. Garantir le droit au repos après avoir passé toute la force de l’âge au travail. C’est essentiel. La solidarité peut beaucoup. Et quand Nicolas Sarkozy dit gagner plus, il veut nous faire oublier qu’ici, il retranche. Il retranche ce que l’on a appelé du salaire différé. Il veut que les patrons gagnent plus. La part des richesses créées allant au capital a augmenté de plus de dix points en vingt ans. La part allant au travail a baissé d’autant. Pour quoi faire ? Pour les opérations véreuses du type EADS ?




La mobilisation qui grandit jour après jour est salutaire, bien au-delà du seul cas des régimes spéciaux. Nous en aurons la démonstration le 18 et dans les jours suivants. C’est l’idée même de retraite qui est en danger. En se mobilisant pour leur vie, pour leurs droits, les salariés concernés par les régimes spéciaux ne défendent pas leur pré carré, mais cette idée-là. Il faut donc une vraie réforme des retraites, pour mettre fin aux injustices, sans en créer de nouvelles.




Nicolas Sarkozy ne peut se satisfaire d’expliquer qu’il a été élu pour mener cette politique. Ou alors, nous sommes dans la République du Premier consul. Les françaises et les français ont élu un président, pas un premier consul, pas un monarque. Les Françaises et les Français n’ont pas dit : tout ce que pense et pensera Nicolas Sarkozy, nous le pensons. On ne peut gouverner sans le peuple. Il faut débattre. Et s’il y a une majorité contre cette réforme, malgré les poncifs de la pensée unique que l’on nous ressert à longueur d’antenne, par exemple, au nom de la République et de la Démocratie, Nicolas Sarkozy devra en tenir compte.




Nous voulons, je veux être utile à cela. Car il y a danger. Je demande à chacun de regarder sa vie et les conséquences de ces réformes concrètement. Qui peut vouloir cela ? C’est la raison pour laquelle j’ai écrit à tous les élus pour leur proposer de s’engager à demander un vrai débat de fond. Voici donc la liste des élus qui pour l’instant ont répondu. Je suis convaincu qu’elle va s’allonger. Les syndicats seront tenus informés de tout cela, c’est une question de transparence et de prise de responsabilité. Et là personne ne pourra se défiler devant la vérité et la réalité.

Riposte sur les retraites

Région Provence Alpes-côte D’Azur

Groupe Communiste et Partenaires Le Président,



Cher collègue, chère collègue,

Le gouvernement et le Président de la République ont programmé une « réforme » des régimes spéciaux de retraite. Depuis un moment, ces régimes sont devenus des boucs-émissaires et les symboles d’une philosophie politique que l’on semble vouloir mettre à bas, celle d’une retraite comme un droit, après un temps global de travail raisonnable.

Sur ce sujet, j’ai constaté, y compris dans les propos de responsables politiques, beaucoup d’ignorance. Je me permets ici, de préciser trois éléments qui me semblent essentiels à la compréhension de ce dossier.

Tout d’abord, la plupart des caisses qui ont un régime spécial, sont bénéficiaires et non pas déficitaires, et elles contribuent par solidarité à renflouer des caisses qui ne le sont pas.

Ensuite, elles ouvrent des droits plus importants, mais elles exigent de leurs cotisants des contributions en conséquence, qui sont même désormais scindées en deux : la part équivalente au régime général et une sorte de sur-cotisation. Le gouvernement « libertaire » semble donc accorder la liberté de travailler plus mais surtout pas celle de travailler moins…

Enfin, ces caisses représentent 5% de l’ensemble. Il paraît donc évident que ce n’est pas en les supprimant que l’on va pouvoir agir sur le déficit global de l’assurance vieillesse, ou comme l’avait proposé Nicolas Sarkozy dans la campagne présidentielle, que l’on va accroître le pouvoir d’achat des retraités.

Je dois confesser une certaine révolte face à cette opération de lapidation médiatique attisant la haine de celles et ceux que l’on appelle les « fonctionnaires », – terme employé souvent abusivement, car les cheminots, électriciens, gaziers, mineurs…n’en sont pas –, et qui ne sont rien moins que des serviteurs de l’Etat et de l’intérêt général.

Ces salariés ciblés ne sont en rien responsables ni de la dégradation globale du système de retraites, ni de la précarisation rampante, ni de la faiblesse du pouvoir d’achat, ni des cadeaux de l’été au patronat.

Je suis révolté face à cette volonté de supprimer sans cesse les droits forgés par les générations précédentes pour vivre mieux. La retraite n’est pas une idée dépassée. Il y a dans notre pays beaucoup trop de gens qui consacrent la majeure partie de leur vie au travail.

Est-ce un progrès d’accroître encore cette tendance lourde, dont le but est de repousser l’âge de la retraite à 61, 62 voire 67 ans comme c’est le cas en Allemagne ? Il vaudrait mieux réfléchir à améliorer le régime général (qui a été extrêmement affaibli par les réformes récentes), en harmonisant vers le haut, plutôt que d’attaquer des systèmes justes et efficaces.

Au-delà des droits acquis, devenus à tort dans le langage courant des « privilèges » pour mieux masquer les vrais privilèges de ceux qui gagnent de l’argent en dormant (célèbre métaphore), ne faut-il pas se poser un certain nombre de questions ?

Par exemple concernant l’allongement de l’espérance de vie, est-ce une tare de – et pour – notre société ou une avancée de voir nos parents et grands-parents vivre plus longtemps ? Ne faut-il pas prendre cette question du vivre ensemble entre générations dans toutes ses dimensions, comme parmi d’autres, la charge d’un côté mais aussi de l’autre les retombées économiques induites des nouvelles activités de loisirs de retraités de plus en plus actifs ? Concernant la pénibilité de certains métiers, sujet sur lequel il se raconte tout et n’importe quoi sans fondement, sans démonstration sauf à reprendre bêtement l’image du conducteur de train qui n’enfourne plus le charbon : qui peut dire aujourd’hui l’incidence de la solitude, de la vitesse, du stress, des horaires décalés, sur la santé des salariés de ces professions, alors que leur espérance de vie reste en-dessous de la moyenne ? Les économistes ne sont ni médecins du travail, ni psychologues, ni psychiatres.

Concernant l’utilisation des moyens de notre pays – parmi les premières puissances mondiales – et à partir des richesses créées par le travail, de la financiarisation de l’économie, des profits accumulés par les groupes, les banques et certaines entreprises : au nom de quoi – sinon de l’idéologie libérale –devrions-nous accepter en 2007 la remise en cause du système de répartition, de la solidarité – pilier de notre République – alors que ces principes sont à l’origine de la création des régimes spéciaux, de la sécurité sociale, à des époques où notre pays était exsangue, beaucoup moins riche ou à reconstruire ?

Concernant les inégalités, comment accepter qu’en France la sphère des multimilliardaires grossisse pendant que plus de 7 millions d’hommes et de femmes vivent sous le seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 500 euros par mois ? Est-ce la faute aux régimes spéciaux ?

Le courage est-il du côté de ceux qui veulent remettre en cause le modèle social Français, ou du côté de ceux qui veulent poursuivre l’œuvre des artisans des plus grandes avancées sociales et démocratiques tels les acteurs du Conseil National de la Résistance ?

Faut-il réformer par un soi-disant « réalisme » économique et financier ou sur une ambition sociale et humaine ?

Oui je suis de ceux qui pensent qu’il faut réformer, mais réformer pour améliorer encore plus les conditions de vie, de travail, d’existence, de tous les hommes et de toutes les femmes sans exception, actifs et retraités, quelque soit le métier, au lieu de tirer vers le bas l’ensemble de la société.

Je ne peux par ailleurs m’empêcher de penser que cette offensive vise à affaiblir les forces progressistes et de résistance dans notre pays et à préparer une nouvelle étape de sacrifices, généralisés à tous les salariés.

Vous me pardonnerez, je crois, ce coup de colère. Mon courrier a simplement pour objet, après avoir exprimé ces quelques arguments avec un peu de passion, de vous proposer de signer cette pétition d’élus afin de soutenir celles et ceux qui se sentent injustement stigmatisés, de refuser toute complaisance silencieuse et de ne pas laisser une sorte de pensée unique gagner l’opinion publique sans contradiction.


Pétition

La remise en cause des régimes spéciaux de retraites ne va pas dans le bon sens. Elle ne règlera pas les questions posées au régime général des retraites. Elle portera un nouveau coup au droit à la retraite dans notre pays. Elle constitue un nouveau recul social, argumenté par une volonté politique de nivellement par le bas. Elle porte en elle la stigmatisation injuste d’hommes et de femmes qui donnent beaucoup au service de leurs concitoyennes et concitoyens

Nous refusons cette remise en cause et nous exigeons un grand débat national sur les retraites pour imaginer des solutions nouvelles, capables de pérenniser un droit à la retraite digne pour toutes et tous.

Jean-Marc COPPOLA Conseiller Régional, Président du groupe communiste et partenaires jmcoppola@regionpaca.fr


Liste des premiers signataires

Liste des premiers élu-e-s signataires :

Monsieur Robert Bret, sénateur. Monsieur Joël Giraud, député, Vice-Président du Conseil Régional, maire de l’Argentière-la-Bessée. Monsieur Michel Vaxès, député. Monsieur Michel Vauzelle, député, Président de la Région PACA

Madame Nicette Aubert, Vice-Présidente du Conseil régional Madame Andrée Alberelli, conseillère régionale Monsieur Bernard Barbagelata, conseiller régional Monsieur Pierre Bernasconi, conseiller régional Madame Marie Bouchez, conseillère régionale Monsieur Joël Canapa, Vice-Président du Conseil régional Madame Martine Carriol, conseillère régionale Madame Marie-Jo Cermolacce, conseillère régionale Monsieur Philippe Chesneau, Vice-Président du Conseil régional Monsieur Jean-Marc Coppola, conseiller régional Madame Annick Delhaye, Vice-Présidente du Conseil régional Monsieur Karim Ghendouf, conseiller régional Monsieur René Giorgetti, conseiller régional, premier adjoint au maire de Port-de-Bouc Madame Catherine Guigli, conseillère régionale Madame Eliane Guigo, conseillère régionale Monsieur Alain Hayot, Vice-Président du Conseil régional Madame Catherine Lecoq, conseillère régionale Madame Nathalie Lefebvre, conseillère régionale Monsieur Frédéric Meyer, conseiller régional Madame Adeline Mouton, conseillère régionale Monsieur Jacques Olivier, conseiller régional, président du Groupe des Verts Monsieur Gérard Piel, Vice-Président du Conseil régional Madame Stéphanie Van Muysen, conseillère régionale

Monsieur Jean-Marc Charrier, conseiller général des Bouches-du-Rhône Monsieur Joël Dutto, conseiller général des Bouches-du-Rhône Monsieur Marc Frisicano, conseiller général des Bouches-du-Rhône Madame Evelyne Santoru-Joly, Conseillère Générale, adjointe au maire de Port-de-Bouc.

Monsieur Gilles Aicardi, maire de Cuges-les-Pins Monsieur André Aschieri, Maire de Mouans-Sartoux, conseiller régional. Monsieur Frédéric Dutoit, Maire des 15/16ème arrondissement de Marseille Madame Patricia Fernandez, Maire de Port-de-Bouc Monsieur Daniel Fontaine, Maire d’Aubagne, conseiller général des Bouches-du-Rhône Monsieur, Georges Jullien, Maire de Noves Monsieur Paul Lombard, Maire de Martigues Monsieur Roger Méi, Maire de Gardanne Monsieur Pierre Mingaud, Maire de la Penne-sur-Huveaune Monsieur André Molino, Maire de Septèmes-les-Vallons Monsieur Georges Rosso, Maire du Rove Monsieur Hervé Schiavetti, Maire d’Arles, conseiller général des Bouches-du-Rhône

Et : Monsieur Khalid Afroukh, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Monsieur Didier Alliès, adjoint au maire de Noves ; Madame Jocelyne Berangier, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Monsieur Patrick Boaniche, conseiller municipal du Rove ; Monsieur Alain Cabane, adjoint au Maire du Rove ; Madame Solange Cabau, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Madame Francine Casaburi, conseillère municipale du Rove ; Madame Rosalba Cerboni, adjointe au maire de Port-de-Bouc ; Monsieur Gaby Charroux, Président de la CAOUEB, adjoint au maire de Martigues ; Madame Nathalie Chesi conseillère municipal du Rove ; Monsieur Claude Cintas, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Madame Erica Clemente, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Monsieur Marc Depagne, adjoint au maire de Port-de-Bouc ; Madame Nicole Desmats adjointe au Maire du Rove ; Madame Claude Fabre, conseillère municipale du Rove ; Madame Nicole Frezal conseillère municipale du Rove ; Monsieur Philippe Galichet, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Madame Béatrice Giovanelli, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Madame Chantal Giraud, conseillère municipale du Rove ; Monsieur Francis Guevara, adjoint au Maire du Rove ; Monsieur Patrick Guimarand, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Monsieur Gérard Guissani, conseiller municipal du Rove ; Madame Dominique Izquierdo, adjointe au maire de Port-de-Bouc ; Monsieur Michel Jauffret, adjoint au Maire du Rove ; Madame Maryse Kriticos, conseillère municipale du Rove ; Madame Marianne Kurtz, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Monsieur Maurice Latapie ; Madame Yvette Louis, adjointe au maire de Noves ; Monsieur Patrick Magro, premier Adjoint au maire de Septèmes-les-Vallons, conseiller à la CUM ; Madame Monique Malaret, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Monsieur Christian Mendez, adjoint au Maire du Rove ; Monsieur Roger Méroni, adjoint au Maire du Rove ; Monsieur Francis Montalban, conseiller municipal du Rove ; Monsieur Alain Nougué, adjoint au maire de Port-de-Bouc ; Monsieur Denis Nunez, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Monsieur Christian Pereira, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Madame Marie-Hélène Raux, adjointe au maire de Port-de-Bouc ; Madame Annie Raynal, conseillère municipale de Gap ; Madame Evelyne Reissi, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Monsieur Paul Sabatino adjoint au Maire du Rove ; Monsieur Florian Salazar-Martin, président du groupe communiste à la ville de Martigues ; Monsieur François Secci, conseiller municipal du Rove ; Madame Marie-Christine Thibault, conseillère municipale de Port-de-Bouc…

mardi 25 septembre 2007

« La chasse à l’homme est ouverte » :

Secrétaire départemental des Bouches du Rhône du PCF Président du groupe communiste et partenaires Région PACA.

20 septembre 2007

1- A quatre heures ce matin à l’Assemblée nationale, une forte majorité de députés UMP ont voté la quatrième loi en cinq ans contre les migrants.

Emmenés par le sombre député vauclusien Thierry Mariani, certainement trop influencé par son collègue d’Orange Bompart ex-FN, ces mêmes députés adoptent une batterie de mesures (sélection par la maîtrise de la langue, et par l’argent) dont un amendement ignoble instituant des tests ADN pour le rapprochement familial.

Outre que cet acte abject rappelle les heures les plus sombres de notre histoire (la collaboration de Vichy avec les nazis), cette loi instaure un système qui désigne les migrants comme des malades et des criminels. Des suspects, ou plutôt des coupables, avant tout. C’est l’organisation d’un nouveau fichier des migrants violant ainsi les lois sur la bioéthique en France.

L’acharnement de messieurs Mariani et Hortefeux rappelle celui de Fouquier-Tinville en d’autres temps. Ils fixent de nouveau le nombre de charrettes de condamnés, bien à l’abri dans leurs escarpins vernis.

2- Le même jour à sept heures du matin, à Marseille, la police expulse du territoire français une famille kosovare, pour satisfaire à l’objectif des quotas. Il est vrai que pour la droite, cette famille n’est ni friquée, ni people, ni licenciée es lettres, donc pas intégrable en France. Adieu le droit du sol, adieu le droit d’asile. Cette famille est partie pour fuir les violences subies (mère violée, maison incendiée…).

L’Europe, Sarkozy la convoque à son service quand il en a besoin (pour justifier les tests ADN) et la renvoie chez elle quand elle l’embarrasse !

Je m’élève contre cette loi et ces pratiques inhumaines, auxquelles on ne saurait s’habituer. Avec mes amis communistes, avec de nombreuses associations, je combats ce processus.

Certains croiront bon de jouer les raisonnables en expliquant que nous défendons l’indéfendable. Pour se donner bonne conscience. Nous défendons simplement la dignité humaine universelle. Celle des migrants et la nôtre. Nous ne laisserons pas la République Française devenir un pays de rafles et de lois xénophobes.

Combien de temps ces pratiques et ces actes vont se multiplier dans le silence et la complaisance assourdissant de beaucoup trop de monde, de beaucoup trop de responsables politiques ? Je n’entends pas assez de voix s’élever contre cette chasse à l’étranger, particulièrement à Marseille dont toute la culture, toute l’histoire est riche de la mixité, du métissage et du brassage des populations.

Marseille, le 20 septembre 2007

Contact : Fédération PCF des Bouches du Rhône Tèl : 04 95 05 10 10 Email : contact@bdr13.pcf.fr

jeudi 13 septembre 2007

Une course de vitesse contre la démocratie.

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Pour Francis Wurtz, président du groupe GUE-GVN au Parlement européen, les citoyens doivent exiger la clarté sur ce traité élaboré à huis clos pour recycler l’ex-constitution européenne.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union ont examiné vendredi l’état d’avancement des travaux des « experts » sur le projet de traité modificatif. Que vous inspire cette méthode ?

Francis Wurtz. Les dirigeants européens craignent avant tout que les citoyens ne se mêlent du contenu de ce traité. Ils savent que ce qui s’est exprimé par la victoire du « non » en France et aux Pays-Bas ne peut se résumer à un problème français ou néerlandais. Même Peer Steinbrück, le ministre allemand de l’Économie et des Finances, a reconnu récemment dans un petit cercle « un risque de crise de légitimité du modèle économique et social européen ». Les applications du principe d’une « économie de marché ouverte où la concurrence est libre » suscitent de très fortes interrogations, voire le rejet de la part de couches de plus en plus larges de la population européenne. Ils en ont conscience. Cela explique l’opacité de la méthode adoptée. La Conférence intergouvernementale a été lancée le 23 juillet, quand l’Europe entière était en congés. Ils veulent achever au plus vite les travaux, si possible les 18 et 19 octobre. Ils travaillent à huis clos. Ils dissuadent enfin les gouvernements d’organiser des consultations, et même des débats publics sur le contenu de ce traité. C’est une sorte de reconnaissance implicite du divorce grandissant entre les opinions publiques et les institutions.

L’illisibilité de ce texte, véritable puzzle d’amendements aux traités existants, est-elle délibérée ?

Francis Wurtz. Le traité constitutionnel a été rejeté, en France, au terme d’un débat très approfondi sur les ressorts de l’Europe libérale. Le problème des dirigeants européens était, dès lors, de faire accepter demain ce qui a été refusé hier. Nicolas Sarkozy leur a apporté la clé : l’engagement à ne pas faire ratifier ce traité par référendum. Pour faire passer ce coup de force, il a imaginé l’entourloupe du « traité simplifié », qui dissimule en fait un jeu de piste quasiment inaccessible aux citoyens. Il s’agit de recycler la même substance, mais sous une forme qui déroute les citoyens, donne à certains l’illusion de changements et aux autres le sentiment de n’y rien comprendre.

C’est une démarche profondément antidémocratique, directement liée au contenu inavouable de ce texte, en particulier sur les questions de l’économie libérale.

Faut-il un nouveau référendum ?

Francis Wurtz. Il faut, évidemment, exiger un nouveau référendum. Et demander, sans attendre, la clarté, avec des informations précises sur ce qu’il est advenu, dans ce nouveau texte, des points les plus contestés de l’ex-projet de constitution. Cela ne peut passer que par l’obtention de débats publics, pluralistes, contradictoires dans les grands moyens d’information.

Sur quels leviers s’appuyer pour une réorientation de la construction européenne ?

Francis Wurtz. Il faut faire sauter les blocages inscrits dans les traités actuels. Prenons l’exemple de l’actuelle crise financière. Aucun enseignement n’a été tiré. Les missions de la Banque centrale européenne restent inchangées. Aucune condition n’a été créée pour favoriser une économie moins dépendante des marchés financiers. De même, contrairement à ce que prétend Nicolas Sarkozy, il n’y a pas de « réorientation profonde » en ce qui concerne la concurrence. Rien ne vient entraver le dumping social et fiscal. Rien n’a été modifié dans le pacte de stabilité, comme l’ont demandé de nombreuses voix, pour soustraire du calcul des déficits les dépenses indispensables au développement, comme la formation, la santé, l’éducation, la recherche.

Au contraire de cette logique, les citoyens attendent de l’Europe qu’elle les protège contre les effets de la mondialisation libérale. Et qu’elle se donne les moyens de porter, dans la mondialisation, un modèle social avancé et solidaire.

Entretien réalisé par R. M.


Le traité « modificatif » recycle la constitution rejetée en 2005 Le projet, un lacis inextricable pour décourager tout débat, ne tient aucun compte des raisons qui ont conduit les citoyens à voter non il y a deux ans.

Le travail auquel se livrent les experts mandatés par les chefs d’État et de gouvernement, consiste à ajouter aux traités existants : Rome 1957, Acte unique 1986, Maastricht 1992, Amsterdam 1997 et Nice 1999, les éléments nouveaux qui étaient contenus dans le projet de constitution rejeté par référendum par la France et les Pays-Bas. Au chapitre institutionnel, l’essentiel des dispositions prévues dans le traité constitutionnel européen se retrouve dans le « traité modifiant le traité de l’UE ». Le mot « constitution » a disparu, tout comme le drapeau et l’hymne, opération camouflage pour faire avaler le contenu en modifiant formellement le contenant. Le nouveau traité prévoit donc la création d’un poste de président(e) du Conseil européen avec un mandat de deux ans et demi, renouvelable une fois. Le « responsable des Affaires étrangères et de la politique de sécurité de l’UE, prévu dans le TCE troque son titre de ministre contre celui de « haut représentant » jugé moins fédéraliste. La majorité qualifiée est portée à partir de 2014 à 55 % des membres du Conseil, comprenant au moins quinze d’entre eux et représentant au moins 65 % de la population de l’UE. Le droit communautaire prime le droit national. La Commission comptera à terme un nombre réduit de commissaires (les deux tiers du nombre des États membres). En revanche, le rôle du président de la Commission sera renforcé. La Commission a seule l’initiative des lois, appelées « actes législatifs de l’Union ». Avec le président du Conseil (on évoque le nom de Tony Blair), et le président de la Commission, le nouveau traité pousse les feux d’une présidentialisation de l’Union européenne. Comme dans la précédente mouture, le traité « modificatif » a prévu des modes de décision à géométrie variable. Une majorité simple suffit pour admonester un État pour « déficits excessifs ». En revanche, l’harmonisation fiscale exige l’unanimité des États. Le dumping social et fiscal a de beaux jours devant lui.

Une charte

des droits fondamentaux réduite à néant

Au centre des critiques essuyées, pendant la campagne référendaire, par la charte des droits fondamentaux : les multiples restrictions à sa portée juridique. Celles-ci demeurent, et sont même aggravées, réduisant ce texte à une fonction purement esthétique. Comme dans le projet de constitution européenne, il est précisé à plusieurs reprises, dans le projet de traité modificatif, que cette charte « confirme les droits, les libertés et les principes reconnus par l’Union et les rend plus visibles, sans toutefois créer de nouveaux droits ou principes ». Un protocole sur son application au Royaume Uni dispense purement et simplement ce pays de la respecter. « Pour dissiper tout doute », précise ce texte, « rien dans le titre IV de la charte (relatif aux droits sociaux et au droit du travail - NDLR) ne crée des droits justiciables applicables au Royaume-Uni, sauf dans la mesure où le Royaume-Uni a prévu de tels droits dans sa législation nationale ». De même, une déclaration de la Pologne stipule que la charte ne « porte atteinte en aucune manière au droit des États membres de légiférer dans le domaine de la moralité publique, du droit de la famille ». Enfin, la batterie d’« explications » annexées au projet de constitution, dont certaines affirmaient le contraire des droits et principes énoncés dans la charte, est intégralement reprise. L’une d’entre elles indique ainsi ce qu’il faut entendre par « régime de limitations » : « Selon une jurisprudence bien établie, des restrictions peuvent être apportées à l’exercice des droits fondamentaux, notamment dans le cadre d’une organisation commune de marché… ». De même, l’une de ces « explications » précise que « la référence à des services sociaux vise les cas dans lesquels de tels services ont été instaurés …, mais n’implique aucunement que de tels services doivent être créés quand il n’en existe pas ». Pire, même l’abolition de la peine de mort, comme dans l’ex-projet de constitution, est soumise à des « restrictions ».

Toujours la « concurrence libre et non faussée »

Le concept de « concurrence libre et non faussée », abandonné, comme le proclamait en juin dernier Nicolas Sarkozy ? Loin s’en faut, puisque ce principe demeure l’une des pierres angulaires de l’Union européenne. Le texte initial du traité instituant la Communauté européenne, dans lequel s’inscrit le projet de traité modificatif, stipule clairement que l’Union européenne comporte « un régime assurant que la concurrence n’est pas faussée dans le marché intérieur » et consacre les quatre « libertés » qui fondent l’Union (libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux). L’un des protocoles annexés au traité modificatif précise, si cela n’était pas assez clair, que « l’Union européenne comprend un système garantissant que la concurrence n’est pas faussée ». Celle-ci dispose d’ailleurs, précise le projet de traité modificatif, d’une « compétence exclusive » dans « l’établissement des règles de concurrence nécessaires au fonctionnement du marché intérieur ». Des règles de concurrence qui sont au fondement de la libéralisation. Et n’épargnent pas les services publics en dépit de la « marge de manoeuvre » consentie, dans ce domaine, aux États. Sont préservées les dispositions du traité instituant la Communauté européenne qui soumettent les entreprises publiques aux règles de la concurrence et restreignent les possibilités pour les États membres d’accorder des aides à ces entreprises. Au-delà du marché intérieur, ajoute le texte, c’est au « développement harmonieux du commerce mondial » que l’Union doit contribuer par « la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux ».

Toujours les pleins pouvoirs à la BCE

Dans un avis rendu le 5 juillet dernier sur le traité modificatif par la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet se réjouit de voir réaffirmée l’indépendance de l’institution qu’il préside et constate que « la stabilité des prix est (toujours) l’un des objectifs de l’Union ». « Les changements introduits par la CIG dans les traités existants seront limités et contiendront toutes les innovations prévues en 2004 », ajoute-t-il. En clair : les statuts et les missions de la Banque centrale européenne restent inchangés, et les dispositions relatives à cette institution compilées dans la partie III du projet de constitution européenne ne varient pas d’un iota. Son objectif unique : lutter contre l’inflation, maintenir un euro fort. Et ce, en appui des marchés financiers, sans considération pour la croissance et l’emploi.

L’Union, affirme le projet de traité modificatif, « dispose d’une compétence exclusive pour la politique monétaire pour les États membres dont la monnaie est l’euro ». Autrement dit, les gouvernements, en la matière, n’ont pas voix au chapitre. D’ailleurs, la BCE, précise le texte, « est indépendante dans l’exercice de ses pouvoirs et dans la gestion de ses finances. Les institutions, organes et organismes de l’Union ainsi que les gouvernements des États membres respectent cette indépendance. » Dans le domaine, si crucial, de la politique monétaire, la Banque centrale européenne reste donc seul maître à bord.

Renforcement

de l’allégeance

aux États-Unis

Le nouveau projet confirme et conforte le lien entre l’Union et l’OTAN. Le protocole numéro 4, qui explicite les articles consacrés à la politique de défense et de sécurité est clair : l’Union « respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour les États qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’OTAN qui reste le fondement de défense collective de ses membres ». La politique de l’Union est « compatible » avec le traité de l’Atlantique Nord. et « un rôle plus affirmé de l’Union en matière de sécurité et de défense contribuera à la vitalité d’une Alliance atlantique rénovée ». En d’autres termes, la défense européenne est conçue au mieux comme un pilier de l’Alliance atlantique, en contradiction avec la volonté affichée pour l’Europe de jouer un rôle actif en faveur de la paix de la prévention des conflits, du renforcement de la sécurité internationale. L’expérience de ces dernières années marquée par la guerre de Bush en Irak, est une incitation pour l’Union à faire preuve de plus de circonspection avant de s’enrôler derrière la bannière étoilée.

Le texte stipule également que les États membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires, sous la houlette de l’Agence européenne de défense, qui identifiera « les besoins opérationnels » et, le cas échéant, mettra en oeuvre toute mesure utile pour renforcer la base industrielle et technologique du secteur de la défense ». Enfin, il invite les pays membres à s’engager dans des opérations militaires extérieures « afin de préserver les valeurs de l’Union ». À cette fin, le Conseil peut confier à un certain nombre d’États des « missions »… notamment pour « combattre le terrorisme ». La porte est ouverte aux pires aventures.

Pour consulter le texte

du traité modificatif :

http://www.consilium.europa.eu/showPage.asp ?id=1317 & lang = fr & mode = g

R. M. et J.-P. P.


Une course de vitesse contre la démocratie Union européenne . Les ministres des Affaires étrangères réunis ce week-end au Portugal veulent éviter à tout prix un débat populaire sur le traité européen.

La présidence portugaise de l’Union européenne veut faire vite. Objectif : boucler, dès le Conseil européen des 18 et 19 octobre prochains, l’accord sur le nouveau traité européen qui recycle la substance du projet de Constitution rejeté en 2005 par les électeurs français et néerlandais. Un calendrier que les ministres des Affaires étrangères de l’UE, convoqués vendredi à Viana Do Castello, au Portugal, pour une réunion informelle, ont dit vouloir tenir en dépit de la tenue annoncée d’élections législatives anticipées en Pologne. « C’est comme ça dans la vie démocratique, il y a des élections, ça ne m’inquiète pas spécialement », a commenté Bernard Kouchner, chef de la diplomatie française. « Nous gardons le cap », a également insisté le ministre portugais des Affaires étrangères, Luis Amado, tout en reconnaissant « quelques problèmes ». Mais, a-t-il indiqué, « jusqu’à présent, tout ce que nous avons entendu nous renforce dans notre conviction que ce sera possible ».

Les promoteurs du nouveau traité craignent que la crise politique en Pologne, après l’éclatement de la majorité conservatrice sur laquelle s’appuyaient les frères Kaczynski, n’encourage ces derniers à revenir une nouvelle fois sur le compromis obtenu en juin dernier, en revendiquant un mécanisme de blocage des décisions prises à la majorité qualifiée et en demandant que la Pologne soit exemptée, comme le Royaume-Uni, de l’application de la Charte des droits fondamentaux.

inextricable puzzle d’amendements

Mais en réalité, l’incertitude porte davantage sur les délais que sur l’objectif final et le fond du texte sur lequel les Vingt-Sept doivent se mettre d’accord. Il n’est cependant pas question, ont prévenu la présidence portugaise et la Commission, d’envisager, pour l’instant, le moindre report qui pourrait ouvrir la brèche d’un début de débat démocratique.

Après la présentation, le 23 juillet, à l’ouverture de la Conférence intergouvernementale, d’une première mouture du document, des groupes « d’experts juridiques » ont planché tout l’été à huis clos. Vendredi, les ministres des Affaires étrangères devaient examiner l’état d’avancement de ces travaux, présentés comme des ajustements « techniques » sur le « traité modificatif ». Celui-ci se présente sous la forme d’un inextricable puzzle d’amendements issus du projet de constitution avorté, qui doivent s’inscrire dans les traités actuellement en vigueur. Le document - plusieurs centaines de pages, sans compter les innombrables déclarations et protocoles - n’a rien de « simplifié », comme promis par Nicolas Sarkozy, et ferait presque passer le texte rejeté le 29 mai 2005 pour un parangon de clarté. Quant à son contenu, ce traité modificatif consacre, comme le projet de traité constitutionnel, le sacro-saint principe de « concurrence libre et non faussée » au fondement des orientations libérales de l’Europe, la toute-puissance de la Banque centrale européenne en matière de politique monétaire et le carcan de la discipline budgétaire qui dicte la baisse des dépenses sociales et utiles au développement (voir ci-contre).

Les États membres pressés de faire vite

Si un accord est entériné dès le Conseil européen d’octobre, les chefs d’État et de gouvernement pourraient signer formellement le nouveau traité en décembre, ouvrant ainsi la voie aux ratifications dans les États membres. Ceux-ci sont pressés de faire vite, et surtout d’éviter le recours à des consultations populaires, jugées trop risquées. Si l’engagement du président français, Nicolas Sarkozy, de procéder à une ratification parlementaire rassure les dirigeants européens, les pressions se multiplient, en revanche, sur le premier ministre britannique, Gordon Brown, qui n’exclut pas l’organisation d’un référendum si le texte devait franchir les « lignes rouges » fixées par Londres. Les tractations vont bon train pour éviter à tout prix cette perspective, qui pourrait remettre en cause l’objectif d’une entrée en vigueur du nouveau traité avant les élections européennes de 2009.

Rosa Moussaoui

jeudi 30 août 2007

Les leurres de la tva faussement sociale

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Économie . Le secrétaire d’État Éric Besson s’apprête à remettre au premier ministre son rapport sur un projet très controversé, jusqu’au sein de la majorité. Décryptage des dangers.

Le projet de TVA « sociale » n’est pas abandonné, ont averti à plusieurs reprises ces dernières semaines des responsables de la majorité. Le secrétaire d’État Éric Besson, chargé de la Prospective économique, doit remettre dans les tout prochains jours au premier ministre un rapport sur la faisabilité de cette réforme. Un black-out total a été imposé jusqu’à présent sur ce document. Le sujet est considéré en haut lieu comme ultra sensible : n’a-t-il pas coûté la défaite de quelques dizaines de candidats UMP aux législatives de juin ? Les hésitations, les craintes, les oppositions s’expriment de plus en plus haut et fort, jusqu’au sein même du camp sarkozyste. Hier, dans une tribune publiée par le Monde, Pierre Méhaignerie, président (UMP) de la commission des Affaires sociales de l’Assemblée, montait à son tour au créneau en qualifiant la TVA « sociale » de « mauvaise solution ». « Le gouvernement se trompe », assène-t-il, en reprenant (voir encadré), largement, la critique déjà faite à gauche et par de nombreux économistes. En quoi consiste véritablement ce projet ?

TVA « sociale » : quèsaco ?

Le principe est simple : il s’agit de réduire les cotisations sociales versées par les employeurs et d’augmenter à due concurrence la TVA, taxe sur la consommation payée par les particuliers, afin de compenser le manque à gagner pour la Sécurité sociale. D’où l’appellation TVA « sociale ». Sont concernées les cotisations maladie et famille, dont la suppression totale est visée. La TVA, parallèlement, augmenterait de 5 points. Le taux normal, auquel est assujetti l’essentiel des ventes de marchandises et de services en France, passerait donc de 19,6 % à 24,6 % ; le taux réduit, appliqué aux produits alimentaires, biens culturels, de 5,5 % à 10,5 % ; et le taux dit super réduit, appliqué aux médicaments remboursables et à la presse, de 2,1 % à 7,1 %.

Quels sont les buts affichés ?

Officiellement, il s’agit d’améliorer la compétitivité des produits français, de lutter contre les délocalisations. Le scénario serait le suivant. Les cotisations patronales sont réduites, entraînant une baisse du prix de revient des produits made in France. Ce qui permet aux entreprises d’encaisser la hausse concomitante de la TVA sans augmenter leurs prix de vente. À l’inverse, les produits importés subissent plein pot les 5 points de TVA en sus. Les produits français sont donc avantagés sur le marché intérieur. Et, la TVA ne s’appliquant pas à l’export, les entreprises gagneraient là aussi en compétitivité, en profitant de la baisse de leurs coûts de production. Au total, la tentation de délocaliser diminuerait, l’emploi serait favorisé et, cerise sur le gâteau, on ferait participer « le travail fait à l’étranger » au financement de notre protection sociale. Voilà pour la fiction.

Risque numéro 1 : la hausse des prix

Tous les économistes qui se sont exprimés sur le sujet l’affirment, et Pierre Méhaignerie le reprend sans hésiter à son compte : il est illusoire de « croire » que la TVA « sociale » « sera sans impact sur les prix à la consommation ». Une certitude : les prix des produits importés augmenteront du montant de la hausse de la TVA (5 %), et les consommateurs pourront d’autant moins esquiver que nombre de ces marchandises (téléviseurs, appareils photo, ordinateurs) ne font pas l’objet de production française. Quant aux produits faits en France, pour qu’ils n’augmentent pas à la suite de la hausse de la TVA, il faudrait que les entreprises répercutent intégralement les baisses de cotisations dont elles bénéficieront. Or, « tout porte à penser que les sociétés ne profiteraient pas de la réduction des charges pour baisser leurs prix et gagner des parts de marché : elles préféreraient l’utiliser pour remonter leurs marges », analyse l’économiste Patrick Artus, de la banque Natixis, à l’unisson avec nombre de ses confrères. L’expérience, au demeurant, est parlante : pratiquées de longue date, les exonérations de charge ne se sont traduites jusqu’à présent ni par des baisses de prix ni par un recul sensible du chômage de masse. Foin de détour : lancer la TVA « sociale », c’est donc préparer une baisse du pouvoir d’achat, avec son corollaire économique prévisible, une consommation en baisse, alors que celle-ci demeure le principal moteur de la croissance.

Qui paiera la facture ?

La TVA, c’est l’impôt le plus injuste. Elle pèse du même poids sur tous les consommateurs quel que soit leur revenu, sur les amis hyper fortunés de M. Sarkozy qui lui offrent des vacances de milliardaire, comme sur vos amis smicards. La TVA avale 8 % du revenu d’un smicard en moyenne, mais seulement 4 % du revenu des 10 % de Français les plus riches… Une inégalité et une injustice qui croîtraient mécaniquement avec l’instauration de la TVA « sociale ».

arme illusoire contre les délocalisations

Mettre en oeuvre la TVA « sociale » revient à pratiquer une forme de dévaluation déguisée, une sorte de dumping pour favoriser nos productions par un avantage prix. Mais les gains en croissance et en emploi que l’on peut en espérer sont, au mieux, limités et provisoires. En effet, l’avantage de compétitivité par les prix serait dérisoire vis-à-vis des productions des pays dits émergents, comme l’Inde ou la Chine, sans commune mesure en tout cas avec les écarts de coûts, qui peuvent aller de 1 à 20, voire de 1 à 30. Quant à l’avantage espéré vis-à-vis des pays de la zone euro, il serait de courte durée et disparaîtrait dès lors que ces pays imiteraient la France en usant de la même arme pour doper leur compétitivité. Le recours à la TVA « sociale » donnerait ainsi le signal d’une guerre économique en Europe, meurtrière, au final, pour les consommateurs et les salariés. « Certes, l’Allemagne l’a déjà fait, note Patrick Artus. Mais est-ce une raison pour la suivre dans cette impasse ? »

Yves Housson

vendredi 17 août 2007

Les chouchous de la fortune : 9000 privilégiés vont empocher 200 000 euros chacun

La ministre française de l’Economie est au service des rois de l’argent. Elle a longtemps exervé ses talents d’avocate d’affaires à Chicago ; l’Amérique est donc à la fois son modèle et son idéal qu’elle partage avec le président de la République. L’ennui est que le « modèle » incarne aujourd’hui les inégalités les plus violentes des pays développés...

Depuis le 1er janvier dernier, les contribuables qui ont acquitté au titre des prélèvements plus de 60% de leurs revenus sont en droit de réclamer la restitution du trop versé. C’est ainsi que l’héritière des Galeries Lafayette, Marie-Noëlle Meyer a reçu du Trésor public un chèque de 7 700 000 euros... !

C’est dommage que l’événement soit passé presque inaperçu ; et c’est d’autant plus regrettable que 9000 autres chouchous de la fortune vont être remboursés en moyenne de 200 000 euros chacun. On aurait pu imaginer une grande fête avec eux pour le 14 juillet dans les jardins de l’Elysée avec discours édifiants et timbre souvenir « aux grandes fortunes, la République reconnaissante »...

Et ce n’est qu’un début ! Grâce a Sarkozy, à Mme Lagarde et aux fantassins de l’UMP, le bouclier ( !) va se déployer jusqu’à 50% des revenus et 200 000 bienheureux vont échapper à l’impôt sur la fortune, en particulier grâce à l’abattement de 30% sur la valeur de la résidence principale...

Ainsi l’esthète amateur d’une belle demeure évaluée au bas mot à 5 millions d’euros bénéficiera désormais d’un abattement supplémentaire de 500 000 euros et donc sera allégée de 9000 euros d’impôts. Il y a enfin une justice... Et tous ces banquiers malheureux et ces bourgeois déprimés que Mme Lagarde a observés gare du Nord en provenance de Londres ou de Bruxelles, le vendredi soir pour le week end, vont retrouver la patrie (qu’ils avaient trahie sans vergogne). Quant aux chèques de remboursement par l’Etat, ils vont se multiplier et comme la manne celeste, vont apaiser les souffrances des riches...

Ainsi le fameux « abattement sur la résidence » va coûter 115 millions d’euros. Le peuple paiera... Comme dit Mme la ministre, « La France est un pays qui pense : assez pensé maintenant ! » Compter suffira...

Non seulement Mme la ministre accompagne le « paquet fiscal » de sa morale à « deux balles » comme disent les jeunes mais elle ne convainc pas tous les économistes. Certains estiment que le dispositif va accroître brutalement les inégalités pourtant flagrantes et ne fournira aucun carburant supplémentaire au moteur de l’économie. Il va au contraire encourager « le retour des rentiers » : les titulaires de fortunes énormes, stériles et fossiles.

lundi 30 juillet 2007

TRAITE EUROPEEN : CE QUI DOIT CHANGER

Nous voulons que l’Union européenne se donne enfin les moyens de répondre à l’attente des citoyennes et des citoyens.

Le débat exceptionnel qui a traversé la société française au moment du référendum de 2005 a particulièrement porté sur trois dimensions de l’ex-projet de traité constitutionnel : - les structures économiques libérales de la construction européenne actuelle ; - la Charte des droits fondamentaux ; - la politique de sécurité et de défense de l’Union. Dans le futur traité européen, ces trois dimensions font de nouveau problème.

Signez et faites signer la pétition mise en pièce jointe !


Lancement du blog citoyen : « PROJET ALTERNATIF DE CONSTITUTION EUROPEENNE 2007 » Mis en ligne : 24 juillet

>bellacio.org
>blog citoyen : « PROJET ALTERNATIF DE CONSTITUTION EUROPEENNE 2007 »

Hier 23 juillet 2007, la Conférence des Représentants des Gouvernements des Etats Membres ( CIG) a ouvert ses travaux destinés à rédiger un « nouveau » Traité Européen.

A cette occasion le premier projet de « nouveau Traité » a été rendu public et il est désormais disponible en PDF ->ici<-

Ca commence très fort, comme vous le constaterez, dès la page 4 :

« L’Union établit un marché intérieur. Elle oeuvre pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d’amélioration de la qualité de l’environnement. »

1. Le constat

Si de nombreux « appels » de partis ou de personnalités communistes, socialistes, antilibérales, sont apparus ces derniers jours pour demander un référendum sur ce nouveau projet de traité (sujet que nous n’aborderons pas), nous avons constaté que peu d’initiatives voyaient le jour pour expliquer l’Europe, le nouveau projet de Traité, et permettre la rédaction citoyenne et collective de projets alternatifs.

Ce blog est donc né d’un constat : celui de l’abandon relatif, d’un point de vue théorique et pratique, du terrain de la construction européenne par les forces Socialistes, marxistes, anticapitalistes, antilibérales et/ou progressistes, et particulièrement, en France.

A l’heure où les partisans de l’Europe ultralibérale et capitaliste ont « repris du poil de la bête » avec le nouveau projet de Constitution Européenne de Nicolas Sarkozy, il nous a donc semblé urgent d’agir, en vue des élections européennes de 2009, et d’agir sérieusement.

Les dernières élections françaises ont bien montré qu’il n’y avait plus rien à attendre du PS que ce soit de François Hollande, de DSK, de Ségolène Royal... qui sont pour l’Europe libérale et voulaient revenir sur notre « NON » au TCE en 2005.

Elles ont également montré que la plupart des partis qui composent le paysage politique français dit de gauche sont en phase de « restructuration » et que cette restructuration dévoilait de nombreuses divergences de fond entre les militants des uns et des autres.

2. La force d’opposition ET de proposition, c’est nous

Il nous a semblé que dans ce contexte, la première leçon à tirer du NON du 29 mai 2005, c’est que les forces d’opposition réelle à l’Europe libérale ne sont pas des « chefs de tribus », des « aspirants dirigeants » ni des personnalités.

Ces forces d’opposition, ce sont des gens comme nous, militants ou pas, qui n’ont aucun « mandat », aucun poste particulier , aucune publicité, mais une légitimité, des connaissances, et des compétences.

Nous, le peuple.

Des citoyen-n-e-s d’origines diverses, des « prolos », salariés, ouvriers, cadres, ou des gens qui sont au chômage, ou encore, qui cherchent à ne pas sombrer complètement dans la précarité, des gens qui élèvent leur famille, éventuellement seul-e, qui étudient, qui cherchent, qui créent, parfois dans des conditions difficiles, des jeunes, des vieux...

Et parfois ,et souvent, des gens qui se sentent vraiment « paumés », en général, ou en particulier face à l’Europe.

C’est donc NOUS qui avons voté majoritairement « NON » au TCE le 29 mai 2005 et ce « NON » est le nôtre.

3. Pourquoi participer à ce blog

Si vous voulez rejoindre ce blog collectif, c’est parce que vous avez envie de transformer l’essai, de devenir les auteurs et les participants ACTIFS des changements qui VOUS concernent, même à une petite échelle, même par petites touches, sur un sujet que vous connaissez très bien, ou qui vous tient vraiment à coeur.

Ce blog, consacré exclusivement aux projets alternatifs concernant la rédaction d’une Constitution Européenne qui change VRAIMENT nos vies, est A VOUS, POUR VOUS, POUR NOUS TOUS ET TOUTES, nous qui souffrons du libéralisme et de la concurrence libre et non faussée, du « tout marchand », du « tout économique ».

Nous aimons l’Europe, nous voulons l’Europe, mais pas comme on nous l’impose depuis des années !

Nous voulons dire STOP à cette machine à broyer des vies, mais le dire de façon constructive cette-fois et dans la perspectives des élections européennes de 2009 avant tout.

Nous voulons une Europe POLITIQUE et pas une Europe économique.

Nous voulons une Europe DEMOCRATIQUE, et pas une Europe technocratique.

Nous sommes attachés à l’Europe.

Mais nous sommes aussi attachés aux services publics, au combat contre le capitalisme et le libéralisme, aux droits sociaux, à une politique de l’emploi européenne soucieuse des vies humaines, au partage équitable des richesses naturelles communes ( eau, air, patrimoine agricultural etc ), à la préservation de l’environnement et à l’alternative au tout-nucléaire, aux droits fondamentaux des êtres humains et à la protection des migrants, à une politique internationale commune (notamment envers la Palestine) etc...

Parce que vous voulez une vraie constitution politique pour l’Europe de demain,

Parce que vous êtes opposés à l’Europe capitaliste et libérale qu’on nous impose depuis des décennies, mais que vous êtes néanmoins europhile,

Parce que en avez assez des discours politiques qui critiquent tout mais ne proposent plus rien depuis 2004,

nous avons décidé d’ouvrir ce blog collectif, pour vous, en partenariat avec des acteurs de longue date de la construction européenne socialiste & alternative, dont Bellaciao et des membres de la Gauche Européenne.

Vous rêvez d’une opposition sérieuse et construite à la déréglementation, à la dérégulation, à la sauvagerie capitaliste, au « tout-marchand », au marasme institutionnel ?

Vous rêvez d’une Europe politique qui vous protègera et fera la place belle aux rêves du Socialisme, aux valeurs d’humanité , de fraternité , d’égalité et de respect de la dignité de l’Homme ?

Il vous semble qu’une opposition à l’Europe capitaliste et libérale ne pourra s’ancrer durablement que si elle s’articule comme FORCE DE PROPOSITION autour de projets concrets ?

Faites-le savoir sur ce blog et exprimez-vous sans crainte, sans peur d’être jugé.

Exposez vos idées ,vos questions, vos doutes sur l’Europe et sur le nouveau projet de constitution européenne, mais aussi, car c’est important, vos propositions, vos souhaits et vos espoirs.

Ne vous censurez pas en pensant ne pas être « compétent », ne pas « connaître » ,ne pas être « instruit » ; l’éducation à l’Europe est une oeuvre collective, et continue, nous sommes là pour apprendre et pour participer !

Parce que vous partagez pleinement ou vous sentez proches des idées Socialistes, communistes, que vous soyez ou non militants, vous êtes les bienvenu-e-s sur ce blog et nous vous espérons nombreuses et nombreux.

Apportez votre pierre à l’édifice en vous exprimant et en proposant, par exemple, même quelques lignes, sur la construction institutionnelle de l’Europe, sur l’architecture d’une constitution, ses principes fondamentaux, sur le fond de la législation, ou des valeurs européennes...

Nous ne vous garantissons pas que, ensemble, nous ferons changer les choses mais nous vous garantissons que, ensemble, nous allons essayer.

4. Comment participer à ce blog

Vous avez à votre disposition deux manières de rédiger et de participer :

— Soit en vous faisant autoriser par le webmaster à publier des textes en corps de message ( -> envoyer un mail au webmaster à europealternativesoc@hotmail.fr pour lui demander de vous autoriser ; toutefois, sachez cette autorisation particulière requiert que vous ayez envie de vous impliquer assez fortement, de façon plus régulière qu’un intervenant ponctuel)

— Soit en publiant des commentaires, sans autorisation ni inscription préalable, sous les messages publiés.

Pensez surtout à vous servir des fonctionnalités « liens » et « archives » (pour retrouver facilement les messages) !

Enfin, sachez que ce blog collectif sera modéré a posteriori et tous les messages insultants, à caractère raciste xénophobe antisémite anticommuniste etc, seront immédiatement effacés.

Bienvenue donc , et à bientôt de vous lire !

L’équipe du blog Europe Alternative Socialiste 2007*

http://constitution-euro-alternative-2007.blogspot.com/ * Cette initiative étant collective et n’étant pas destinée à servir de énième promontoire aux egos, les membres signeront toujours « l’équipe du blog... » ;-)

lundi 23 juillet 2007

Pétition en ligne contre la directive postale

La fédération des collectifs de défense des services publics a lancé une pétition très importante contre la directive postale. Nous vous invitons à la signer et la faire signer en cliquant sur le lien ci-dessous

mardi 17 juillet 2007

Le libéralisme mis en oeuvre est-il une nouveauté?

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de Pascale Fourier

Alors en fait j’ai une véritable admiration pour Gérard Duménil, c’est un esprit extrêmement rigoureux, un travailleur acharné, un homme d’une culture polyvalente, et quand il dit quelque chose, c’est qu’il a vraiment étudié le problème à fond. Il a écrit avec Dominique Lévy un livre peut-être un peu compliqué, mais majeur quand on veut comprendre ce qui s’est passé au tournant des années 70-80 ; ce livre publié aux éditions Puf s’appelle « Crise et sortie de crise » et c’est . Je suis allée le voir chez lui parce qu’il y avait quelque chose que je ne comprenais pas très bien : les medias utilisent le terme "néolibéralisme", et les néophytes ont l’impression que le libéralisme n’a jamais existé auparavant. Avant le néolibéralism, on le comprend, il y avait le compromis keynésien mis en place juste après la guerre de 39-45, mais au-delàdans le temps, on ne sait pas trop. En fait le libéralisme mis en œuvre semble n’avoir jamais existé, être resté seulement au stade des idées. C’est vrai ? Ou c’est faux ? Voilà ce que j’ai demandé à Gérard Duménil. Gérard Duménil : D’abord, il faut revenir sur le terme "néolibéralisme" et surce qu’est le néolibéralisme. Le terme "néolibéralisme" est un terme qui s’utilise maintenant de manière très générale, mais cela ne veut pas dire pour cela que ce soit un bon terme. L’idée d’un nouveau libéralisme renvoie à un certain nombre de caractéristiques de la phase actuelle du capitalisme, qui sont justes, mais ce n’est pas non plus un terme complètement adapté. Le libéralisme, c’est l’idée qu’ on va laisser, comme on dit, "le marché fonctionner" : on va essayer de réduire l’intervention de l’Etat. Au départ c’est comme cela que ca s’est défini. Le marché/ l’Etat. En réalité, c’est vrai dans une certaine mesure. Par exemple, on a dérégulé, on a déréglementé pour parler français ; sur le plan international, on a ouvert les frontières commerciales pour libérer les échanges, on a libéré les mouvements de capitaux. Tout cela, effectivement se situe complètement dans une stratégie libérale. Mais d’un autre coté, la phase du néolibéralisme, comme les phases antérieures dont on va parler, étaient aussi des phases de très forte intervention de l’Etat. Il n’y a pas plus d’Etat plus fort que l’Etat des Etats-Unis. On pourrait me rétorquer : "Certes fort, mais il n’intervient pas sur le plan économique !". Réponse : " Faux !". Bien entendu les intérêts économiques américains sont défendus paer les représentants de l’Etat dans les négociations internationales, par exemple dans les négociations en Amérique latine et partout. Il y a tout un ensemble de traités qui sont négociés. Donc là évidement l’Etat joue un rôle absolument fondamental. Je ne parlerais pas de la guerre d’Irak qui a évidement de nombreux enjeux, dont un aspect évidement économique qui est aussi extrêmement important. Mais sur le plan strictement économique on peut dire aussi que l’Etat des Etats-Unis intervient extrêmement fortement. Par exemple il soutient complètement le crédit. La trajectoire actuelle de l’économie des Etats-Unis ne tiendrait pas la route une minute s’il n’y avait pas l’Etat qui rachetait toutes les créances des ménages, qui sont énormes, aux banques par exemple. On ne peut donc pas dire qu’il n’y a pas d’intervention de l’Etat, mais ses formes ont changé. Il est vrai quand même que ce que l’Etat a abandonné, c’est de restaurer tout un ensemble de choses comme une certaine politique industrielle. Mais la réalité est donc très complexe. Les objectifs, eux, sont très clairs. Pour résumer, le terme "néolibéralisme" a du sens. "Libéralisme" a du sens d’une certaine façon, mais d’un autre coté il a aussi beaucoup de limites. Ce dont il s’agit fondamentalement, c’est des intérêts, du pouvoir "des classes les plus riches" ou des "classes dominantes" selon la manière dont on veut les appeler. Il ne faut pas confondre les objectifs du néolibéralisme et ses méthodes. Parce que toute la distinction est là. Les objectifs, ils sont très clairs, ca a été restaurer le pouvoir, les revenus de certaines couches sociales, revenus qui avaient diminué, qui avait été entamés, on va en parler. Mais ça se fait à travers un ensemble de méthodes. Il y a des aspects très très simples : augmenter les taux d’intérêts par rapport à l’inflation ; modifier la gestion des entreprises, imposer une nouvelle discipline aux gestionnaires des entreprises, pour leur rappeler qu’ils sont là pour faire de la belle mécanique, pour faire monter la bourse ; et donc faire monter la bourse. Et tout cela, ça a fonctionné, ça a ses limites aussi, mais ça a fonctionné.... Cela, c’’est vraiment les objectifs du néolibéralisme, étendre le "terrain de chasse" du capital international sur le plan mondial. Il y a évidement une combinaison des méthodes et des objectifs, mais il faut bien comprendre que les objectifs sont plus importants que les méthodes ! Les méthodes, elles, sont aussi, telles qu’elles sont présentées, très porteuses d’idéologie, l’idéologie de la liberté, de l’efficacité individuelle. On appelle "marché" des agents, évidement les investisseurs, les entreprises , et derrière ces agents, il faut toujours penser qu’il y a des personnes qui attendent des revenus ! Quelquefois les gens présentent la phase actuelle du capitalisme en disant : "les multinationales ! Il est vrai que les multinationales sont importantes, mais il faut aller nettement au-delà de cela. Parce que les multinationales, elles existaient déjà dans les années 60 : c’est là véritablement qu’elles ont cru le plus rapidement, plus rapidement même que dans la période néolibérale. Non ce qui caractérise véritablement cette phase, c’est qu’il y a des agents derrière qui attendent des revenus ! Et ca c’est vrai au "centre", dans des pays comme les Etats-Unis, comme la France, c’est vrai dans la "périphérie" ! Ces caractéristiques-là, on les trouve dans la phase actuelle, mais on les trouve antérieurement. Alors antérieurement à quoi ? Vous l’avez dit tout à l’heure, jusqu’à la crise de 1929, le capitalisme est entré dans une première phase qu’on appelée "phase d’hégémonie financière". Par "finance", on veut pas dire simplement les banques, on veut dire les fractions supérieures des classes capitalistes, et leur institutions financières. Ils possèdent tout, pas seulement les banques ; ils possèdent tout au sens de toute la grande économie, l’acier, etc... Ce ne sont pas simplement des gens qui sont derrière des institutions financières. Donc il y a eu une première phase qui est une première hégémonie financière de ce type. S’il y a eu une phase, ca veut dire qu’elle a commencé qu’elle a fini. Alors quand est ce qu’elle a commencé ? Elle a commencé à la fin du 19eme siècle. Pourquoi? Parce qu’avant il n’y avait pas de grande finance de ce type, ou de grand secteur financier de ce type articulé à l’économie, articulé au système productif. Il y avait des grands financiers au 19eme siècle, mais que faisaient-ils? Ils prêtaient à l’ Etat par exemple pour financer ses guerres. Il y avait des banques qui prêtaient aux entreprises dans leurs relations commerciales, pour faire du crédit commercial. Mais vraiment à la fin du siècle, il y a quelque chose de tout a fait nouveau qui se constitue, et les Etats-Unis sont pionniers évidement dans cette transformation, derrière l’Angleterre antérieurement où se constitue vraiment un grand secteur financier, une nouvelle articulation entre les classes possédantes, ce secteur financier et le système productif vivant. Ce secteur financier va financer le travail, financer la transformation complète de l’économie. Ca va durer une trentaine d’année, cette affaire-là. Et donc là, ils contrôlent tout. Ils ont un très grand pouvoir, ils ont un très très haut revenu : c’est l’époque de la grande bourgeoisie traditionnelle, avec les grandes fortunes qui se transmettent, etc. Ce sont eux également qui contrôlent les politiques économiques, qui contrôlent justement toute la situation qu’on appelle "macroéconomique", c’est-à-dire l’économie considérée globalement : quand ça va pas, il faut essayer d’arranger les choses, et ce sont eux qui ont la haute main là-dessus. Et on arrive en 1929, et en 1929, pour de multiples, dont il faudrait discuter de manière plus détaillée, ça" péte". Et ça péte très très gravement. Et là, à la suite de cette crise, au milieu de la crise, c’est-à-dire à partir de 1933 disons, la finance va être considérée comme responsable, comme ayant joué un rôle très très important là-dedans. Pourquoi ? Eh bien parce qu’ elle s’est opposée en particulier à ce que certaines mesures soient prises pour stimuler l’économie, etparce que c’est elle qui avait mis en place tout ce système auparavant. Et donc après, il y a un ensemble de chocs : ces chocs sont absolument terribles, ils auraient pu détruire le capitalisme ! Crise de 29 qui dure dix ans, et ils n’en sortiront que par la guerre ! L’économie s’effondre complètement ! Un chômage hallucinant ! Là sur le mur, vous pouvez voir une photo de Charlie Chaplin dans le Kid, et tout le monde pense à ça quand on pense à cette époque et à ce qui a suivi. Choses terribles ! Il y a eu évidement au début du siècle la révolution russe, la la construction de l’ Union soviétique ; la seconde guerre mondiale qui elle-même est un choc absolument terrible : plus de 40 millions de morts ! L’ Union soviétique, tout à fait indépendamment de ce qu’elle était, émerge comme un pouvoir très très important. Il y a un mouvement ouvrier qui est fort ! En France par exemple, c’est bien connu, les communistes ont joué un rôle importantdans la Résistance, et il y a des communistes partout en France, dans les villes, dans les campagnes. Le capitalisme est en danger, à beaucoup de points de vue. Beaucoup d’économistes, même réactionnaires je dirais, -enfin les "courants dominants" -, sont très pessimistes : ils ont terriblement peur que, une fois la guerre finie, on retombe dans une stagnation ou dans une crise comme antérieurement. Une espèce de compromis social est alors signé. Un compromis social dans lequel ces classes possédantes ne sont pas éliminées, mais enfin on met un couvercle : leur pouvoir aussi bien que leurs revenus sont contenus peut-on dire. Et puis en fait les cadres des entreprises et des secteurs publics vont jouer un rôle très très important parce qu’ ils vont se mettre à gérer l’économie, à gérer les entreprises sans trop se préoccuper des intérêts des actionnaires. Et les taux d’intérêts vont être très bas en comparaison à la hausse des prix ! On entre donc dans une nouvelle période où il y a un véritable progrès social qui s’effectue. On va mettre en place des systèmes de protection sociale comme la Sécurité Sociale ou les prolonger quand ils existaient déjà. Les pouvoirs d’achats vont se mettre a augmenter. La croissance économique est assez forte. On entre vraiment dans une nouvelle période. C’est un compromis social qui est ouvert vers des classes populaires. Ce n’est pas le bonheur, ce n’est pas parfait, mais..... Evidement il y a des couches sociales, après la guerre, qui sont exploités terriblement : les mineurs par exemple, en France, pour la reconstruction. Tout ça n’est pas doré bien entendu pour tout le monde ! Par ailleurs, il y a tout l’aspect impérialiste : la France essaie de replâtrer son empire, puis il y a toutes les guerres d’indépendances, le Vietnam, etc. Donc il ne faut pas croire qu’on est dans un monde heureux et qui n’a que des qualités. Alors évidemment pour certains des aspects rétrospectivement, ça nous paraît formidable maintenant. Pourquoi ? Et bien parce qu’on a eu le néolibéralisme à partir de 80... Et puis on arrive dans les années 70, et cette belle mécanique commence à se détraquer. On entre dans une crise, que nous on appelle "crise structurelle", parce que c’est pas simplement le fait qu’il y ait une récession telle année, mais c’est le fait que les choses commencent à ne plus tourner, que l’inflation s’emballe, que la croissance se ralentit, et il y a des tensions. Alors évidemment toutes ces classes sociales et leurs les idéologues et leurs professeurs, et leur intellectuels, qui avait été "réprimés" pendant cette période, n’ont pas cessé de se bagarrer.Et à l’occasion justement de cette crise, aussi en relation avec des éléments nationalistes - par exemple aux États-Unis, il y a un sentiment d’une banalisation du pouvoir États-Unien, comme en Angleterre où il y a un sentiment de régression - "renaissent" toutes ses forces sociales qui sont des forces de reconquête d’un pouvoir de classe qui avait été non pas éliminé mais diminué, en combinaison avec des les éléments nationaux du type que je viens d’évoquer. Par exemple Reagan dans sa campagne va dire : « l’Amérique est de retour ». Voilà son slogan ! Margaret Thatcher, elle, ne dit pas tout à fait la même chose, mais ça veut dire la même chose : l’Angleterre a été grande dans le passé avec sa place financière de Londres ; la situation de notre industrie est catastrophique : eh bien on va la jeter tout simplement, et puis on va reconstruire un Royaume-Uni, comme ça, puissant avec une prééminence financière. Voilà. Et finalement le mouvement ouvrier et défait ! Il y a des grèves terribles dans les différents pays, notamment en l’Angleterre et aux des États-Unis. Ces grèves sont perdues, et en fait c’est vraiment un mouvement de lutte de classes. les "classes populaires" disons sont défaites... et on entre dans cette période où ce nouveau cours néolibéral va s’imposer, et on est toujours dedans ! Pascale Fourier :Le libéralisme mis en œuvre a donc existé avant le compromis keynésien, vous nous l’avez dit, ce qui est, me semble-t-il, plus ou moins occulté dans les discours politiques ou médiatiques. En revanche, on sait fort bien nous rappeler que cette mondialisation néolibérale n’est pas la première phase de mondialisation, qu’il y aurait eu une première mondialisation - c’est du moins ce qu’on nous dit- qui aurait eu de grands bienfaits, bienfaits que nous devrions donc recevoir de la mondialisation actuelle. Est-ce qu’on peut dire effectivement qu’auparavant une première mondialisation a déjà existé? Gérard Duménil : Il n’y a pas de doute. Je ne sais pas s’il y a eu une "première mondialisation" , je n’aime pas beaucoup cette idée-là : toute l’histoire du capitalisme, c’est une histoire de "mondialisation", évidemment, depuis les origines ! Avant même que le capitalisme soit constitué en système dans ses toutes premières étapes ! Des choses très très locales. Il y a d’abord eu un capitalisme commercial qui s’est développé dans le monde : les bateaux partaient autour du monde pour faire du commerce, et donc ils ouvraient des portes comme ça, et puis il y avait l’Évangile qui suivait... Ce n’est donc pas du tout à un phénomène nouveau. Et toute cette époque, je veux dire cette "première mondialisation", comment pourrait-on dire qu’elle était bonne ?! Cette première mondialisation, c’était la mondialisation du colonialisme, c’était la mondialisation de l’impérialisme ! On est toujours dans l’impérialisme, mais les formes de l’impérialisme ont changé... Je ne suis pas en train de dire que c’est bien maintenant, mais enfin, il faut dire quand même ce qu’a été l’impérialisme !! Ca a été une monstruosité !! Ca a été évidemment toute une succession de destructions humaines, de destructions de culture ! Il suffit de penser à l’Amérique latine ! Il suffit de penser à l’Asie ! Il suffit de penser à l’Afrique, dans le cas de la France ! Il est vrai qu’il y a eu mondialisation, mais enfin, ça a été une mondialisation d’horreur ! Actuellement, la France est en train d’essayer de régler ses comptes avec son passé de "mondialisateurs", on voit bien ce que ça donne ! Enfin d’un autre côté, il faut aussi dire qu’on ne peut pas opposer ça à la période du compromis keynésien. Car la période du compromis keynésien a été une période de très forte mondialisation : pensons à tout le développement des sociétés transnationales, par exemple, à l’époque de De Gaulle. "Le défi américain"disait-on à l’époque : les sociétés multinationales des États-Unis s’installaient en France... Et si on regarde les chiffres, ce qui est mon travail d’économiste, on voit que, comme je le disais tout à l’heure, les années 60 sont des années d’énorme développement des sociétés transnationales. C’est une caractéristique générale. La mondialisation du passé n’a pas été bonne, mais la mondialisation de la période du compromis keynésien a été mauvaise ! Ce n’est pas que je sois contre la mondialisation, parce qu’évidemment je pense qu’un « autre monde est possible », comme on dit , et c’est ce qu’on souhaite : je me sens complètement internationaliste de ce point de vue-là. Le problème, c’est que la mondialisation néolibérale, je ne dis pas qu’elle est pire que les précédentes - ça a toujours été catastrophique- , mais elle est aussi catastrophique. Mais évidemment, le problème, c’est qu’il ne faut pas déguiser le néolibéralisme, les rapports de classe, les rapports d’exploitation, et les rapports impérialistes sous le mot "mondialisation". Parce que "mondialisation", ça fait moderne, ça fait celui qui voyage ! Il y a des formes d’extrêmes droite qui peuvent se raidir face à cette mondialisation, mais enfin en général du côté de la gauche, il y a quand même un peu des relents justement d’internationalisme, d’idée de partager, et d’échanger avec tout un ensemble de communautés, de gens différents... Oui, la mondialisation, ça devrait être une bonne chose. Mais malheureusement, beaucoup de tâches humaines qui sont accomplies sous couvert de bonnes intentions ont été transformées historiquement en cauchemar. Tout le monde le sait. Comme les rapports humains par exemple, qui devrait être une bonne chose, mais qui se transforment souvent en cauchemar.... Pascale Fourier : Il y a quelque chose qui m’étonne un peu parfois dans ce que j’écoute les médias, c’est que certains ont l’air de laisser à penser, étrangement, que c’est à cause d’une certaine forme de "capitalisme nationaliste" pourrait-on dire que la guerre de 39-45 s’est déclenchée. Et du coup, on cherche en cela à invalider tout désir de remettre des barrières… Gérard Duménil : Tout à fait. J’aurais dû parler de cela : c’est tout le problème de ces relations internationales. Donc dans cette mondialisation, évidemment, dans le passé comme maintenant, mais dans des formes différentes, il y a des affrontements. Les différentes puissances nationales se sont affrontés : l’Angleterre et la France, puissances impéralistes, se sont fait des guerres terribles au moment de la conquête de l’Afrique, par exemple ; évidemment le sommet de ces affrontements, ça a été la guerre de 14 ! Et Lénine justement avait cette idée qu’en fait le capitalisme n’allait pas survivre à ça. C’est pour cela qu’il parlait d’ « impérialisme, stade suprême du capitalisme », parce que l’affrontement, les contradictionsétaient tels, avec le nouveau pouvoir de la technique que le capitalisme a apporté, que ça allait complètement exploser. D’ailleurs ça a explosé... et après il y a eu aussi la guerre de 39-45, dans un contexte différent, de lutte de classes liée à la crise de 29 en particulier. Mais depuis le début du siècle, et en particulier à travers la personne emblématique de ce point de vue-là du président américain Woodrow Wilson, il y avait cette idée de créer un grand monde démocratique et libéral - justement on y revient... Ce serait un monde de progrès, etc... .Mais évidemment Wilson savait très bien que, là-dedans, les États-Unis occupaient une position dominante, et ce qui s’est construit, c’est ce qu’on a maintenant ! Alors entre Wilson et maintenant, il s’est passé quantité de choses, mais ce monde vers lequel on converge est un peu un monde wilsonien, c’est-à-dire un monde de dominations, et comme on dit quelquefois, impériales ou impérialistes informelles. "Domination formelle", ça voulait dire "à chacun son bout de territoire". Les États-Unis sont entrés là-dedans à la fin du 19e siècle et ils sont sortis vite. Pourquoi ? Parce qu’ils étaient déjà les meilleurs ! À partir du moment où ils ont été les meilleurs, ils ont voulu justement cette espèce de grande domination globale entre guillemets « démocratique ( pour moi démocratie, dans le monde actuel, ça veut toujours dire démocratie de classe, il faut bien comprendre ça) et libérale", c’est-à-dire capitaliste avec un marché étendu et des échanges. Et ils avaient en même temps le sentiment qu’ ils avaient conquis une position dominante qu’ ils conservent, d’où leur position hégémonique dans le monde actuel. L’ impérialisme actuel, c’est cela : un système hiérarchique avec hégémon, un leader, c’est-à-dire quelqu’un qui marche devant et qui contrôle les autres aussi, dans une certaine mesure. Donc un système hiérarchique à l’échelle du monde. Ce n’est plus le système des affrontements coloniaux des divisions du territoire ; les rivalités sont de nature différente. Il y a encore les avantages nationaux qui se confrontent. Pour l’instant, heureusement, ils ne se confrontent pas dans des guerres majuscules : on a des guerres locales, comme la guerre d’Irak par exemple, qui sont l’expression de la volonté de l’hégémon en l’occurrence de maintenir sa position hégémonique, ce qui a des implications économiques et politiques partout. C’est donc toujours pareil : le phénomène fondamental demeure, mais évidemment ses formes changent considérablement historiquement. Pascale Fourier : Eh oui, c’était donc Des sous et des hommes en compagnie de Gérard Dumenil. Encore une fois je ne peux que vous conseiller la lecture de son livre un peu difficile certes, mais majeur, absolument majeur qui s’appelle « Crise et sortie de crise ». Il est publié aux éditions Puf. À la semaine prochaine !

mercredi 13 juin 2007

Déclaration de Jean-Marc Coppola

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Dans cette circonscription, Renaud Muselier est en ballotage !

Malgré la déferlante UMP, consécutive au quinquennat et à l'inversion du calendrier électoral, nous avons réussi à mobiliser et à éviter le grand "chelem" qu'il avait annoncé.

Dans un contexte où la gauche réalise des scores très faibles, 1619 électrices et électeurs, que je tiens à remercier, ont choisi de faire confiance à la gauche du courage, à la gauche porteuse de valeurs de solidarité et de justice sociale, que je veux incarner.

5.3% des suffrages comme en 2002, et plus de deux fois plus qu'à la présidentielle, c'est un point d'appui pour tout à la fois résister aux conséquences de la politique de la droite dure que veut mettre en oeuvre Nicolas Sarkozy et ouvrir une perspective pour reconstruire la gauche.

C'est une base solide qui m'encourage, après cette première campagne face au responsable départemental de l'UMP, à batailler bec et ongle pour redonner de l'espoir aux citoyennes et aux citoyens qui ne se résignent pas et n'acceptent pas les reculs sociaux et démocratiques qui risquent de se faire jour dans les prochaines semaines comme promis par le Chef de l'Etat et le gouvernement.

D'ores et déjà pour le second tour de dimanche prochain pour faire barrage à Renaud Muselier, j'appelle à voter pour Antoine Rouzaud.

Marseille, le 11 juin 2007

mercredi 6 juin 2007

Partager plus pour vivre mieux. C’est souhaitable, c’est possible !

La 5ème circonscription est marquée par un secteur public important (hôpitaux, facultés, CRAM, INSEE, postes, dépôt RTM, écoles, collèges, lycées, logements…) pour lequel Sarkozy veut supprimer un fonctionnaire sur deux.

● Qu’adviendra-t-il de la santé publique, de l’éducation, de la recherche, des services rendus à la population dans la proximité ? ● Qu’adviendra-t-il aussi des petits commerces, des petites entreprises qui créent du lien social dans les quartiers, si le pouvoir d’achat n’augmente pas de manière importante ? ● Qu’adviendra-t-il du modèle social français si un nouveau traité européen - au mépris du référendum du 29 mai 2005 comme y travaille activement Nicolas Sarkozy - permet d’accroître la concurrence faussée entre les salariés, synonyme de délocalisations et de stagnation des salaires ? Ces choix se feront au niveau national par le gouvernement et l’Assemblée nationale. A l’inverse de la dérive de l’échiquier politique vers la droite, particulièrement sensible sur notre circonscription, à l’inverse de la résignation et de l’acceptation du libéralisme, nous voulons porter une politique basée sur les idéaux de la gauche, le partage des pouvoirs, des richesses et des connaissances, la paix et la solidarité. Nous disons qu’il est possible, nécessaire et urgent de porter d’autres choix, ceux du progrès social, de droits nouveaux aux salariés et aux citoyens. Pour cela il faut résister et riposter. Nous nous engageons à agir pour augmenter fortement les salaires, les retraites et les minima sociaux, sécuriser l’emploi ou la formation, créer un service public du logement, prendre en charge à 100% les soins de santé, placer l’écologie au coeur du développement, faire de l’école et la recherche une priorité, investir dans la culture, reconnaître le droit de vote des résidents étrangers, à porter la garantie du droit d’accès à l’électricité, à l’eau, aux communications, aux transports. C’est la garantie d’une vie où chacune et chacun est assuré de pouvoir satisfaire ses besoins essentiels, mais c’est aussi la condition d’un véritable progrès économique et social. Il est grand temps de faire le choix du changement par la détermination à redistribuer les masses colossales d’argent qui circulent dans la haute finance, par la volonté d’introduire la démocratie dans l’économie, par la volonté d’imposer des règles de justice sociale et de coopération dans le monde, par la volonté de construire une VIème République plus démocratique et sociale.

Partager plus pour vivre mieux. C’est souhaitable, c’est possible !

L'école et tous les acteurs éducatifs

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Débat citoyen :

Jeudi 7 juin à 19h

à la librairie Païdos 54, cours Jullien 13006 - Marseille

Débat avec Jean-Marc Coppola : mercredi 6 juin

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L’association La Cour des Miracles en OC’ propose une rencontre avec le candidat communiste Jean-Marc Coppola, Vice-Président de la Région, délégué au tourisme, Candidat aux législatives pour la 5ème circonscription des Bouches du Rhône.

Les questions que nous nous posons : - Un Député, pour quoi faire ? - Un Député, un lien entre le quartier et l’Assemblée - Un Député, son rôle dans la vie culturelle et associative de notre Circonscription.

Mercredi 6 juin à 18h30 au 88 bd Chave

Si le temps le permet nous terminerons par un "Aéro" dans le jardin.

Présidente de l’Association Nadine Césari 06 71 86 34 46 cesarinadine@yahoo.fr

mardi 5 juin 2007

Jean-Marc Coppola à Radio France Provence

Mercredi 6 juin à 18h

Tous à vos antennes !

lundi 4 juin 2007

Intervention de Jean-Marc Coppola au Foyer du peuple de Menpenti, samedi 2 juin

Mesdames, Messieurs,

Chers amis, Chers camarades

Nous sommes à une semaine d’une bataille décisive : le 1er tour de l’élection législative. 577 députés représentants les citoyennes et les citoyens vont être élus pour décider de la politique et des lois de notre pays. Ce sont eux qui décideront et non pas un homme seul, gesticulateur permanent et avide de pouvoir. Les électrices et les électeurs éliront-ils une majorité de députés réactionnaires, parmi lesquels ceux qui, ces 5 dernières années, ont voté des lois iniques contre les retraites, les jeunes, le droit du travail, les bienfaits du colonialisme, le couvre-feu pendant 2 mois, la pseudo décentralisation, le renforcement des injustices fiscales…pour ne citer que les plus significatives ? Ou bien se donneront-ils les moyens de résister et même riposter avec de nombreux élus de gauche ? La droite, présente ce rendez-vous comme une formalité. Elle compte renforcer son pouvoir politique et ainsi Sarkozy, Fillon, Gaudin, Muselier envisagent le grand Chelem dans la Région. A gauche il s’agit de tout faire pour les en empêcher, en réélisant les députés de gauche sortants et gagnant de nouveaux députés parmi lesquels de nombreux députés communistes. C’est possible dans notre département. Il est vrai que l’inversion du calendrier électoral et le quinquennat voulus et décidés par Chirac et Jospin, permet une américanisation prononcée de la vie politique et avec Sarkozy une hyperprésidentialisation du régime Bipartisme, bipolarisation, médiatisation à outrance, hégémonie qui se voient sur les panneaux d’affichage dans notre circonscription, telle serait la nouvelle donne politique en France.

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Une situation où la droite dure s’installe sur fond de déliquescence de la démocratie, car la démocratie ne peut pas seulement se résumer au fait que 85 % des électeurs soient allés voter. Le fossé n’est pas comblé entre les 55% d’électeurs qui votent « NON », la majorité qui soutient le mouvement anti-CPE ou anti-casse des retraites et la majorité des représentants politiques qui occupent les plus hautes fonctions. Une démocratie active moderne devrait être assise sur des débats contradictoires, sur des choix réfléchis, une implication des citoyens de manière à ce que le choix de chaque citoyen se traduise par un vote en toute connaissance de cause. Nous en sommes loin et nous le vivons encore dans cette campagne avec des médias très complaisants à l’égard de la pensée unique. Or si Sarkozy a bel et bien été élu, personne ne le conteste, beaucoup d’hommes et de femmes vont découvrir au fil des jours et des mois, le grand ILLUSIONNISTE de ce début de 21ème siècle. Car Sarkozy aura été celui qui a concrétisé le rêve de Le Pen. Celui qui aura trompé son monde Il viendra le temps de réfléchir et d’étudier les raisons profondes qui ont conduit des millions d’hommes et de femmes à voter contre leurs propres intérêts. Tout comme il viendra le temps de tirer les enseignements sur le score historiquement bas de toute la gauche. Aujourd’hui si tout est fait dans la société actuelle dominée par le capitalisme pour décourager, se résigner, accepter jusqu’aux pires mépris, notre principal objectif est d’aider à relever la tête, à ouvrir les yeux, à de rien banaliser, et à ne pas laisser faire, déjà pour la législative, ensuite sur le long terme. En 2005 la victoire du NON au référendum sur le TCE avait ouvert une brèche dans la fatalité et la pédagogie du renoncement.

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Elle avait ouvert un espoir, qu’ont bien compris la droite et le MEDEF, qui ne pouvaient accepter qu’ils n’aient pas les mains libres pour accroître la domination financière, économique et politique de quelques privilégiés. Car il s’agit bien de cela avec Sarkozy, l’ami des plus riches, millionnaires et milliardaires, patrons des grands groupes financiers, industriels, et de la presse bien pensante, celle qui endort et fait rêver des millions d’hommes et de femmes pendant qu’une poignée réalise ses rêves. « Travailler plus pour gagner plus », dit-il. Pendant cinq ans, il a cassé l’espoir à chaque fois qu’il en a eu l’occasion avec ses compères Villepin, Raffarin et Fillon. Il a réussi à faire avaler aux salariés ce qu’ils croient désormais être une évidence : « Il ne faut pas trop en demander, il ne faut plus rêver, il faut cravacher pour s’en sortir ». Ils vont vite déchanter : car pour travailler plus, il n’y aura pas de problèmes, mais pour gagner plus, ce sera une autre paire de manches ! Sur leur travail, certains se paieront grassement. Mais eux, pour une heure travaillée, mettront toujours moins de pâtes dans le caddie. C’est ce que nous avons dénoncé pendant des mois, et que nous devons continuer de démystifier. Nous ne laisserons pas faire, ni le 10 juin, ni après ces élections, et quelque soit le résultat. Je veux m’adresser à vous toutes et à vous tous, à toutes les femmes et tous les hommes qui ne se résignent pas, qui refusent les discours défaitistes pour notre pays, pour notre peuple et qui souhaitent une république en mouvement sans laisser de côté les plus défavorisés de nos concitoyens. Je veux m’adresser à celles et ceux qui refusent et veulent résister à la concurrence, à la division, aux discriminations, au sécuritarisme, au communautarisme, le populisme…les mamelles du sarkozysme. Le populisme : « une stratégie dévoyée de mobilisation du peuple contre ses propres intérêts et contre ses principaux défenseurs ». Nicolas Sarkozy est bien un échantillon représentatif de ce populisme fait de consensus hâtifs, de dissimulations d’une partie des objectifs – privilégier les intérêts des puissances économiques et financières -, de recours à l’émotionnel – en stigmatisant les faibles, les jeunes -, de personnalisation outrancière de son action, au point que l’on ne sait même plus s’il est le Chef d’Etat, le 1er ministre, ou un ministre, tellement il intervient sur tout et à tout moment. Il ne s’appelle pas Forest, mais il court toujours et partout. Il n’est pas non plus fou, il sait où il va et il sait ce qu’il veut. Il le fait en communiquant et plus les mots sont positifs, plus les contenus sont négatifs Il veut modifier en profondeur la société française, il veut casser le modèle social français pour laisser les mains libres aux privilégiés, au libéralisme économique. Mais il est le roi du tour de passe-passe. Nicolas Sarkozy se dit apôtre de la liberté, mais il contribue avec ardeur à la mise en place d’une société où la surveillance prend des proportions alarmantes. Il est un ardent défenseur de la laïcité, mais il encourage la religion à intervenir dans tous les champs de la société. N’évoquons pas la fraternité, d’ailleurs il ne l’évoque jamais. Ni la solidarité, car sa vision libérale du monde est basée sur la concurrence. Il fait un tri soigneux des phénomènes sociétaux. L’ennemi, c’est le faible. Faible est le migrant, on le tracasse ou le pourchasse. Faibles sont les gens du voyage, on les rafle sans ménagement. Faibles sont les prostituées, mais on laisse tranquille les proxénètes. Faible est le salarié, à qui il veut détricoter les protections édifiées par des générations de luttes sociales. Et encore plus faible sera le salarié en interdisant, en criminalisant les syndicalistes pour remettre en cause plus aisément les garanties, les statuts, les protections, les droits tout simplement. Contre les forts, rien. S’ils sont forts, c’est probablement qu’ils l’ont mérité. Et puis s’attaquer aux forts, c’est prendre des risques. Et pourquoi attaquer ses soutiens. Mais dans sa perversité, il a fait miroiter à chacun : toi, tu vaux plus que les autres, tu mérites de t’en sortir, tu gagneras… Belle conception de l’humanité !

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C’est donc en croisade contre cet homme, sa politique dangereuse, qu’aujourd’hui avec Jean-Noël Aqua, je me présente et qu’avec mes amis communistes ou non, soutenus par le Parti communiste, nous nous présentons dans les 16 circonscriptions des Bouches du Rhône. Pour RESISTER, pour RIPOSTER. Je me présente ici contre Renaud Muselier qui incarne le sarkozysme, avec la même ambition envahissante et dévorante. Une ambition qui le pousse à cumuler les mandats : 1er adjoint de la ville, conseiller communautaire, conseiller régional – souvenez-vous de son slogan en 2004 aux régionales : « fils de Provence Alpes Côte d’Azur », qui l’a conduit à perdre ! Et aujourd’hui comme en 2002, il brigue de nouveau un mandat de député, non pas pour s’occuper des citoyens, ou voter des lois pour l’intérêt général, mais tout simplement parce qu’il veut de nouveau être secrétaire d’Etat, et Bruno Gilles deviendrait encore député par défaut, sans être élu directement. Voilà la conception de la politique de ces gens de droite qu’il faut démasquer. Voilà pourquoi Renaud Muselier fuit la confrontation que je lui propose. Il redoute le débat d’idées. Il craint que je lui pose des questions gênantes comme celle des moyens supplémentaires que Sarkozy et son gouvernement fantoche, comptent mettre pour répondre aux exigences de progression du pouvoir d’achat, de l’emploi, du logement, de l’éducation, de la santé. Renaud Muselier craint que je lui pose la question de ses votes à venir s’il est élu, concernant les heures supplémentaires gratuites, la TVA sociale, la carte scolaire supprimée, la franchise sur les soins, la remise en cause du droit de grève. Car si c’est moi qui suis élu, non seulement je voterai contre ces reculs sociaux et démocratiques, mais je proposerai des financements pour augmenter le pouvoir d’achat, les salaires, les pensions, les retraites, ce qui aurait une incidence positive sur le financement de la sécu, pour ne prendre que cet exemple.

C’est pourquoi j’aborde cette échéance de manière offensive, et je vous invite à l’être tout autant. Ne vous laisser pas piéger par les sondages, l’ambiance, qui nous pousseraient à y aller à reculons, battus d’avance. La gauche a besoin de se reconstruire sur un projet alternatif mobilisateur et crédible. Les manœuvres en vue d’une recomposition au centre ou les velléités de la direction du Parti socialiste à vouloir la représenter à lui seul, ou de se mettre en sommeil en préparant 2012, ne permettent pas à un électorat qui doute de trouver le ressort nécessaire pour reconstruire une gauche capable de changer dans la vie. Le vote pour Jean-Noël Aqua et moi-même est à la fois un vote de résistance à la droite et aux pleins pouvoirs de son président, et un vote pour porter une ambition pour la gauche à partir d’exigences de profondes transformations de la société. Il nous reste une semaine pour argumenter davantage sur l’importance de disposer d’un groupe afin de contrecarrer la bipolarisation de la représentation nationale et avoir des droits, des moyens, des prérogatives qui permettent une bien plus grande efficacité d’action au service des populations..nous voulons être la voix du monde du travail au Parlement. Une efficacité comme ce fut le cas pendant ces 5 dernières années. Car oui les députés communistes n’ont pas failli. Ils se sont opposés à tous les mauvais coups de la droite. Cela a commencé dès 2002, quand le gouvernement de JP Raffarin se met en tête de démolir les acquis de la gauche plurielle : trente-cinq heures, loi SRU, loi pour le contrôle des fonds publics aux entreprises et volet anti-licenciements de la loi de modernisation sociale... La droite a mis un zèle particulier à s’attaquer aux lois qui portaient la marque de fabrique des communistes entre 1997 et 2002.

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A l’été 2003, François Fillon s’en prend aux retraites. Les communistes sont seuls à lui opposer un contre-projet progressiste s’appuyant sur une réforme profonde du financement. La droite reconnaîtra dans le débat l’existence et la cohérence de cette alternative. L’année suivante, c’est au tour de l’assurance maladie d’être la cible de la droite. Les parlementaires communistes siègent tout l’été pour combattre pied à pied les mesures qui abaissent le droit aux soins et font la chasse aux assurés. Ils leur opposent des ressources nouvelles pour la Sécu, puisées du côté des revenus financiers des entreprises. En 2005, en campagne active pour le NON, ils seront seuls à voter contre la ratification par anticipation ( !) dans la Constitution française du traité constitutionnel européen, qu’approuvent ensemble l’UMP, l’UDF et le PS, engagés pour le OUI au référendum. Puis vient l’heure du CNE de Villepin imposé par ordonnances et en 2006 du CPE adopté par le 49-3 avant d’être contraint à la marche arrière par les manifestants. Les députés communistes ont été aux avant-postes de la bataille, déposant des propositions de loi d’abrogation de ces contrats. Ils ont aussi été les seuls à déposer durant la législature des résolutions contre la directive Bolkenstein, ainsi que des propositions de loi pour sanctionner les délocalisations et pour stopper la libéralisation des services publics en Europe. Pour faire tomber le masque de Sarkozy, pour s’opposer à sa politique, les militants communistes seront présents, mais ils seront plus efficaces encore avec un groupe de députés bataillant bec et ongle chaque semaine à l’Assemblée nationale et sur le terrain, comme l’ont été ici dans les Bouches du Rhône, Frédéric Dutoit et Michel Vaxes, qui devront être réélus. Ici, dans cette circonscription, je n’ai pas peur de le dire, je représente la gauche. Une gauche à reconstruire, c’est vrai, et c’est mon ambition, mais une gauche debout, une gauche qui veut et qui doit vivre. Mon parti n’est pas parvenu, malgré tous ses efforts à engager ce mouvement dans la période écoulée. Et c’est désormais l’ensemble du paysage politique qui est en train de bouger. Au PRG, représenté ici par Antoine Rouzaud, on parle de rejoindre le Parti radical Valoisien de droite. Chez les Verts, certains – comme Christophe Madrolle - rejoignent le Modem de François Bayrou, de droite ! Au PS, certains dirigeants, comme c’est malheureusement le cas ici dans notre département, lorgnent vers le centre pour se reconstruire. Il n’y a rien de bon qui puisse venir d’une telle aventure. Il faut désormais après cette défaite réinventer la gauche. La réinventer avec vous, avec les salariés, avec les hommes et les femmes des cités, avec les jeunes. Il faut la réinventer avec les socialistes, avec les communistes, avec tous ceux et celles qui ont le cœur à gauche. Rien ne m’intéresse moins que le pouvoir pour le pouvoir. C’est pour les hommes et les femmes, c’est pour des valeurs, pour un projet qui me fait rêver que j’ai envie d’agir. Je rêve d’une gauche capable de créer de nouveau l’enthousiasme autour d’un projet de vivre ensemble, de fraternité.

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Je rêve d’une gauche qui ne renonce pas à ses idéaux, à ses combats. Je rêve d’une gauche enracinée dans son peuple, qui tient ses réunions sur les places publiques. Cette gauche, nous allons la construire ensemble ! Et ce n’est pas une question d’étiquettes ! Je défendrai avec vous le droit de vivre dignement : cela passe par des salaires justes, le droit au logement, le droit de se soigner pour tous, le droit à de vraies retraites. Je défendrai le droit de vivre bien son travail, de vivre bien dans son travail, d’y être décideur. En particulier contre les délocalisations, et les licenciements boursiers… Mais aussi le droit au temps libre. Je veux avec vous reparler du bonheur. Et déjà commencer à le construire. Ensemble, aujourd’hui, demain, nous allons recréer l’espoir, nous allons ouvrir des voies nouvelles, nous allons changer le monde !

On en parle ...

Un meeting /apéro, des rayons de soleil, des sympathisants et habitants du quartier venus en voisins, les ingrédients étaient réunis hier matin dans le quartier Menpenti de Marseille - devant le Foyer du peuple - pour la réussite d’une initiative de campagne du candidat communiste, Jean-Marc Coppola et de son suppléant Jean-Noël Aqua. Celui qui veut barrer la route « aux ambitions de Renaud Muselier » qui tente de conserver à droite cette circonscription « non pour s’occuper des citoyens » mais pour gagner son ticket « de nouveau secrétaire d’État », martèle sur le terrain le choix qui s’offre aux électeurs. Soit élire « une majorité de députés réactionnaires » y compris ceux qui durant 5 ans « ont voté les lois iniques contres les retraites, les jeunes, le droit du travail... ». Soit « se donner les moyens de résister et riposter avec de nombreux élus de gauche ». Et déjà faire re réélire les députés de gauche sortants » dont « de nombreux communistes ». Une façon d’empêcher « le grand chelem » envisagé par le tandem Gaudin/Muselier et l’UMP qu’ils dirigent dans le département. D’ailleurs, J.-M. Coppola se plaît à relever qu’il a fait « le choix » de mener une campagne face à la droite « la plus arrogante » et non pas dans un bastion de gauche. Selon son suppléant, jeune physicien et enseignant chercheur, par ailleurs membre du collectif anti-libéral du secteur, il s’agit de « porter des propositions de partage des pouvoirs et des richesses » jusqu’à l’Assemblée face à tous « les intellectuels de la résignation » que sont selon lui ceux qui depuis une vingtaine d’années ont « mis en oeuvre le libéralisme » ou ceux qui n’y ont « pas assez résisté » à gauche. Et c’est donc « à ceux qui ne se résignent pas » que s’adresse Jean-Marc Coppola, qui est aussi dirigeant départemental du PCF, pour « s’opposer à la casse du modèle social français ». Mais de prévenir « les militants communistes seront là demain pour combattre cette politique et préparer une alternative, mais ils seront encore plus efficaces avec un groupe de députés communistes bataillant bec et ongle à l’Assemblée nationale et sur le terrain ».

Pierre Bastien (La Marseillaise, le 3 juin 2007)

Les conseillers d’arrondissements Jacques Kupélian et Paul Biaggini ou le militant antilibéral Jérôme Buresi étaient notamment présents aux côtés des candidats pour les soutenir.

Les Services publics en débat

Au Foyer du peuple, 50, rue Brandis, 13005 - Marseille

Mardi 5 juin à 18h

Quels Services publics ? Quel hôpital ? Quel enseignement ?

Débat citoyen avec Jean-Marc Coppola candidat de la gauche populaire et antilibérale soutenu par le Parti Communiste Français

samedi 2 juin 2007

Marie-George Buffet dénonce le "leurre" des heures supplémentaires défiscalisées

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La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a estimé vendredi que la défiscalisation des heures supplémentaires était un véritable "leurre", la hausse du pouvoir d'achat des salariés dépendant uniquement "du bon vouloir" des entreprises.

"C'est un véritable leurre", a affirmé l'ancienne candidate communiste à la présidentielle. "Aucun salarié ne peut arriver dans son entreprise en disant: 'ce mois-ci, je vais faire des heures supplémentaires parce que j'ai envie de gagner plus'".

"C'est le patron qui va décider s'il a besoin d'heures supplémentaires", a-t-elle affirmé. "Le mois suivant, s'il n'en a plus besoin, c'est terminé et là, il y aura perte du pouvoir d'achat (...) Ça sera au bon vouloir de la direction de l'entreprise de savoir si vous allez gagner un peu plus en faisant des heures supplémentaires tel mois ou tel mois."

"Il faut arrêter de raconter que c'est la solution pour le pouvoir d'achat", a demandé la dirigeante communiste. Marie-George Buffet a également dénoncé les projets d'autonomie des universités et de réforme de la carte scolaire. Pour elle, "c'est un mensonge de dire qu'on va résoudre le problème de la difficulté scolaire par la suppression de la carte scolaire". AP

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