Conférence de presse de Jean-Marc Coppola

Conseiller régional PC de Provence Alpes Côte d’Azur

Mardi 16 octobre 2007




Mesdames, messieurs,




Je voudrais d’abord vous remercier pour votre présence ici. C’est tout un symbole de tenir cette conférence de presse dans ce lieu, puisque nous sommes situés face au bâtiment de la Caisse de prévoyance et de retraites des cheminots : un des 124 régimes spéciaux qui existent dans notre pays. Une invitation pour vous présenter le texte argumentaire - pétition envoyé aux grands élus de la Région, de droite comme de gauche, il y a environ un mois, pour qu’ils puissent prendre connaissance, réfléchir et soutenir ma démarche. Je vais vous présenter dans un instant les premiers signataires…(mise en ligne sur mon blog, donc consultable et permettant à tout moment d’être pétitionné et porté à la connaissance des syndicats des corporations concernées) Auparavant, je voudrais vous donner quelques éléments de fond sur ce sujet, qui sera au cœur du premier grand mouvement social que Nicolas Sarkozy aura à affronter et ainsi vous dire les raisons de mon soutien et celui des communistes à la journée d’action du 18 octobre.




La droite explique que :




- Elle veut remédier aux injustices.

- Elle veut assainir les finances des caisses de retraites et rendre le système viable.

- Elle veut moderniser des mesures qui datent de la Révolution industrielle.

- Elle veut permettre à notre pays de s’adapter aux canons de la mondialisation et de l’Europe.




Je considère que sur ces quatre points il y a tromperie




Concernant les injustices




- C’est la droite qui a créé les différences entre les régimes en s’en prenant avec acharnement au régime général, le plus fragile. Tout cela pour engager notre pays dans une spirale du déclin social. Nous savons que très prochainement, et ce pour tous les régimes, ce sont de nouveaux allongements qui sont programmés. C’est cela l’injustice : il y a aura ceux qui peuvent se payer une retraite digne et ceux qui ne pourront pas, et qui mourront avant d’avoir pu y goûter.




- La droite n’a pas pour but d’assainir les finances, et cette réforme n’y parviendra pas plus que les deux précédentes en 1993 et 2003. Elle cherche simplement à faire disparaître le système de solidarité qui existe. Pour assainir les finances, il faudrait arrêter les exonérations de charges sociales totalement inefficaces et trouver de nouvelles sources de financement.




- La pénibilité au travail, comme l’ont dénoncé les manifestants de samedi dernier sur les MP / AT, n’a pas disparu avec l’apparition de nouveaux métiers et les différentes révolutions technologiques que nous avons connues depuis soixante ans. Il faut donc porter un nouveau diagnostic, ce que ne propose pas le gouvernement, qui veut simplement biffer des lignes sur sa liste.




- La mondialisation, ce sont aussi de nombreux pays où des hommes et des femmes essayent de gagner des droits, notamment celui à la retraite, il ne faudrait pas l’oublier. D’autre part, nous pensons que le courage politique implique non pas de courir vers l’abîme de la mondialisation capitaliste, mais de résister aux logiques mortifères qui sont les siennes. Nous pensons que la puissance publique, c'est-à-dire l’émanation de la volonté du peuple doit s’affirmer pour garantir les droits humains fondamentaux.




La vérité, c’est que rien ne nous est imposé par les circonstances. L’INSEE affirme qu’en 2050, il y aura 1,62 actifs pour 1 retraité.

Nous sommes en face d’un choix de société. Garantir le droit au repos après avoir passé toute la force de l’âge au travail. C’est essentiel. La solidarité peut beaucoup. Et quand Nicolas Sarkozy dit gagner plus, il veut nous faire oublier qu’ici, il retranche. Il retranche ce que l’on a appelé du salaire différé. Il veut que les patrons gagnent plus. La part des richesses créées allant au capital a augmenté de plus de dix points en vingt ans. La part allant au travail a baissé d’autant. Pour quoi faire ? Pour les opérations véreuses du type EADS ?




La mobilisation qui grandit jour après jour est salutaire, bien au-delà du seul cas des régimes spéciaux. Nous en aurons la démonstration le 18 et dans les jours suivants. C’est l’idée même de retraite qui est en danger. En se mobilisant pour leur vie, pour leurs droits, les salariés concernés par les régimes spéciaux ne défendent pas leur pré carré, mais cette idée-là. Il faut donc une vraie réforme des retraites, pour mettre fin aux injustices, sans en créer de nouvelles.




Nicolas Sarkozy ne peut se satisfaire d’expliquer qu’il a été élu pour mener cette politique. Ou alors, nous sommes dans la République du Premier consul. Les françaises et les français ont élu un président, pas un premier consul, pas un monarque. Les Françaises et les Français n’ont pas dit : tout ce que pense et pensera Nicolas Sarkozy, nous le pensons. On ne peut gouverner sans le peuple. Il faut débattre. Et s’il y a une majorité contre cette réforme, malgré les poncifs de la pensée unique que l’on nous ressert à longueur d’antenne, par exemple, au nom de la République et de la Démocratie, Nicolas Sarkozy devra en tenir compte.




Nous voulons, je veux être utile à cela. Car il y a danger. Je demande à chacun de regarder sa vie et les conséquences de ces réformes concrètement. Qui peut vouloir cela ? C’est la raison pour laquelle j’ai écrit à tous les élus pour leur proposer de s’engager à demander un vrai débat de fond. Voici donc la liste des élus qui pour l’instant ont répondu. Je suis convaincu qu’elle va s’allonger. Les syndicats seront tenus informés de tout cela, c’est une question de transparence et de prise de responsabilité. Et là personne ne pourra se défiler devant la vérité et la réalité.