Région Provence Alpes-côte D’Azur

Groupe Communiste et Partenaires Le Président,



Cher collègue, chère collègue,

Le gouvernement et le Président de la République ont programmé une « réforme » des régimes spéciaux de retraite. Depuis un moment, ces régimes sont devenus des boucs-émissaires et les symboles d’une philosophie politique que l’on semble vouloir mettre à bas, celle d’une retraite comme un droit, après un temps global de travail raisonnable.

Sur ce sujet, j’ai constaté, y compris dans les propos de responsables politiques, beaucoup d’ignorance. Je me permets ici, de préciser trois éléments qui me semblent essentiels à la compréhension de ce dossier.

Tout d’abord, la plupart des caisses qui ont un régime spécial, sont bénéficiaires et non pas déficitaires, et elles contribuent par solidarité à renflouer des caisses qui ne le sont pas.

Ensuite, elles ouvrent des droits plus importants, mais elles exigent de leurs cotisants des contributions en conséquence, qui sont même désormais scindées en deux : la part équivalente au régime général et une sorte de sur-cotisation. Le gouvernement « libertaire » semble donc accorder la liberté de travailler plus mais surtout pas celle de travailler moins…

Enfin, ces caisses représentent 5% de l’ensemble. Il paraît donc évident que ce n’est pas en les supprimant que l’on va pouvoir agir sur le déficit global de l’assurance vieillesse, ou comme l’avait proposé Nicolas Sarkozy dans la campagne présidentielle, que l’on va accroître le pouvoir d’achat des retraités.

Je dois confesser une certaine révolte face à cette opération de lapidation médiatique attisant la haine de celles et ceux que l’on appelle les « fonctionnaires », – terme employé souvent abusivement, car les cheminots, électriciens, gaziers, mineurs…n’en sont pas –, et qui ne sont rien moins que des serviteurs de l’Etat et de l’intérêt général.

Ces salariés ciblés ne sont en rien responsables ni de la dégradation globale du système de retraites, ni de la précarisation rampante, ni de la faiblesse du pouvoir d’achat, ni des cadeaux de l’été au patronat.

Je suis révolté face à cette volonté de supprimer sans cesse les droits forgés par les générations précédentes pour vivre mieux. La retraite n’est pas une idée dépassée. Il y a dans notre pays beaucoup trop de gens qui consacrent la majeure partie de leur vie au travail.

Est-ce un progrès d’accroître encore cette tendance lourde, dont le but est de repousser l’âge de la retraite à 61, 62 voire 67 ans comme c’est le cas en Allemagne ? Il vaudrait mieux réfléchir à améliorer le régime général (qui a été extrêmement affaibli par les réformes récentes), en harmonisant vers le haut, plutôt que d’attaquer des systèmes justes et efficaces.

Au-delà des droits acquis, devenus à tort dans le langage courant des « privilèges » pour mieux masquer les vrais privilèges de ceux qui gagnent de l’argent en dormant (célèbre métaphore), ne faut-il pas se poser un certain nombre de questions ?

Par exemple concernant l’allongement de l’espérance de vie, est-ce une tare de – et pour – notre société ou une avancée de voir nos parents et grands-parents vivre plus longtemps ? Ne faut-il pas prendre cette question du vivre ensemble entre générations dans toutes ses dimensions, comme parmi d’autres, la charge d’un côté mais aussi de l’autre les retombées économiques induites des nouvelles activités de loisirs de retraités de plus en plus actifs ? Concernant la pénibilité de certains métiers, sujet sur lequel il se raconte tout et n’importe quoi sans fondement, sans démonstration sauf à reprendre bêtement l’image du conducteur de train qui n’enfourne plus le charbon : qui peut dire aujourd’hui l’incidence de la solitude, de la vitesse, du stress, des horaires décalés, sur la santé des salariés de ces professions, alors que leur espérance de vie reste en-dessous de la moyenne ? Les économistes ne sont ni médecins du travail, ni psychologues, ni psychiatres.

Concernant l’utilisation des moyens de notre pays – parmi les premières puissances mondiales – et à partir des richesses créées par le travail, de la financiarisation de l’économie, des profits accumulés par les groupes, les banques et certaines entreprises : au nom de quoi – sinon de l’idéologie libérale –devrions-nous accepter en 2007 la remise en cause du système de répartition, de la solidarité – pilier de notre République – alors que ces principes sont à l’origine de la création des régimes spéciaux, de la sécurité sociale, à des époques où notre pays était exsangue, beaucoup moins riche ou à reconstruire ?

Concernant les inégalités, comment accepter qu’en France la sphère des multimilliardaires grossisse pendant que plus de 7 millions d’hommes et de femmes vivent sous le seuil de pauvreté, c'est-à-dire avec moins de 500 euros par mois ? Est-ce la faute aux régimes spéciaux ?

Le courage est-il du côté de ceux qui veulent remettre en cause le modèle social Français, ou du côté de ceux qui veulent poursuivre l’œuvre des artisans des plus grandes avancées sociales et démocratiques tels les acteurs du Conseil National de la Résistance ?

Faut-il réformer par un soi-disant « réalisme » économique et financier ou sur une ambition sociale et humaine ?

Oui je suis de ceux qui pensent qu’il faut réformer, mais réformer pour améliorer encore plus les conditions de vie, de travail, d’existence, de tous les hommes et de toutes les femmes sans exception, actifs et retraités, quelque soit le métier, au lieu de tirer vers le bas l’ensemble de la société.

Je ne peux par ailleurs m’empêcher de penser que cette offensive vise à affaiblir les forces progressistes et de résistance dans notre pays et à préparer une nouvelle étape de sacrifices, généralisés à tous les salariés.

Vous me pardonnerez, je crois, ce coup de colère. Mon courrier a simplement pour objet, après avoir exprimé ces quelques arguments avec un peu de passion, de vous proposer de signer cette pétition d’élus afin de soutenir celles et ceux qui se sentent injustement stigmatisés, de refuser toute complaisance silencieuse et de ne pas laisser une sorte de pensée unique gagner l’opinion publique sans contradiction.


Pétition

La remise en cause des régimes spéciaux de retraites ne va pas dans le bon sens. Elle ne règlera pas les questions posées au régime général des retraites. Elle portera un nouveau coup au droit à la retraite dans notre pays. Elle constitue un nouveau recul social, argumenté par une volonté politique de nivellement par le bas. Elle porte en elle la stigmatisation injuste d’hommes et de femmes qui donnent beaucoup au service de leurs concitoyennes et concitoyens

Nous refusons cette remise en cause et nous exigeons un grand débat national sur les retraites pour imaginer des solutions nouvelles, capables de pérenniser un droit à la retraite digne pour toutes et tous.

Jean-Marc COPPOLA Conseiller Régional, Président du groupe communiste et partenaires jmcoppola@regionpaca.fr


Liste des premiers signataires

Liste des premiers élu-e-s signataires :

Monsieur Robert Bret, sénateur. Monsieur Joël Giraud, député, Vice-Président du Conseil Régional, maire de l’Argentière-la-Bessée. Monsieur Michel Vaxès, député. Monsieur Michel Vauzelle, député, Président de la Région PACA

Madame Nicette Aubert, Vice-Présidente du Conseil régional Madame Andrée Alberelli, conseillère régionale Monsieur Bernard Barbagelata, conseiller régional Monsieur Pierre Bernasconi, conseiller régional Madame Marie Bouchez, conseillère régionale Monsieur Joël Canapa, Vice-Président du Conseil régional Madame Martine Carriol, conseillère régionale Madame Marie-Jo Cermolacce, conseillère régionale Monsieur Philippe Chesneau, Vice-Président du Conseil régional Monsieur Jean-Marc Coppola, conseiller régional Madame Annick Delhaye, Vice-Présidente du Conseil régional Monsieur Karim Ghendouf, conseiller régional Monsieur René Giorgetti, conseiller régional, premier adjoint au maire de Port-de-Bouc Madame Catherine Guigli, conseillère régionale Madame Eliane Guigo, conseillère régionale Monsieur Alain Hayot, Vice-Président du Conseil régional Madame Catherine Lecoq, conseillère régionale Madame Nathalie Lefebvre, conseillère régionale Monsieur Frédéric Meyer, conseiller régional Madame Adeline Mouton, conseillère régionale Monsieur Jacques Olivier, conseiller régional, président du Groupe des Verts Monsieur Gérard Piel, Vice-Président du Conseil régional Madame Stéphanie Van Muysen, conseillère régionale

Monsieur Jean-Marc Charrier, conseiller général des Bouches-du-Rhône Monsieur Joël Dutto, conseiller général des Bouches-du-Rhône Monsieur Marc Frisicano, conseiller général des Bouches-du-Rhône Madame Evelyne Santoru-Joly, Conseillère Générale, adjointe au maire de Port-de-Bouc.

Monsieur Gilles Aicardi, maire de Cuges-les-Pins Monsieur André Aschieri, Maire de Mouans-Sartoux, conseiller régional. Monsieur Frédéric Dutoit, Maire des 15/16ème arrondissement de Marseille Madame Patricia Fernandez, Maire de Port-de-Bouc Monsieur Daniel Fontaine, Maire d’Aubagne, conseiller général des Bouches-du-Rhône Monsieur, Georges Jullien, Maire de Noves Monsieur Paul Lombard, Maire de Martigues Monsieur Roger Méi, Maire de Gardanne Monsieur Pierre Mingaud, Maire de la Penne-sur-Huveaune Monsieur André Molino, Maire de Septèmes-les-Vallons Monsieur Georges Rosso, Maire du Rove Monsieur Hervé Schiavetti, Maire d’Arles, conseiller général des Bouches-du-Rhône

Et : Monsieur Khalid Afroukh, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Monsieur Didier Alliès, adjoint au maire de Noves ; Madame Jocelyne Berangier, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Monsieur Patrick Boaniche, conseiller municipal du Rove ; Monsieur Alain Cabane, adjoint au Maire du Rove ; Madame Solange Cabau, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Madame Francine Casaburi, conseillère municipale du Rove ; Madame Rosalba Cerboni, adjointe au maire de Port-de-Bouc ; Monsieur Gaby Charroux, Président de la CAOUEB, adjoint au maire de Martigues ; Madame Nathalie Chesi conseillère municipal du Rove ; Monsieur Claude Cintas, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Madame Erica Clemente, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Monsieur Marc Depagne, adjoint au maire de Port-de-Bouc ; Madame Nicole Desmats adjointe au Maire du Rove ; Madame Claude Fabre, conseillère municipale du Rove ; Madame Nicole Frezal conseillère municipale du Rove ; Monsieur Philippe Galichet, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Madame Béatrice Giovanelli, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Madame Chantal Giraud, conseillère municipale du Rove ; Monsieur Francis Guevara, adjoint au Maire du Rove ; Monsieur Patrick Guimarand, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Monsieur Gérard Guissani, conseiller municipal du Rove ; Madame Dominique Izquierdo, adjointe au maire de Port-de-Bouc ; Monsieur Michel Jauffret, adjoint au Maire du Rove ; Madame Maryse Kriticos, conseillère municipale du Rove ; Madame Marianne Kurtz, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Monsieur Maurice Latapie ; Madame Yvette Louis, adjointe au maire de Noves ; Monsieur Patrick Magro, premier Adjoint au maire de Septèmes-les-Vallons, conseiller à la CUM ; Madame Monique Malaret, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Monsieur Christian Mendez, adjoint au Maire du Rove ; Monsieur Roger Méroni, adjoint au Maire du Rove ; Monsieur Francis Montalban, conseiller municipal du Rove ; Monsieur Alain Nougué, adjoint au maire de Port-de-Bouc ; Monsieur Denis Nunez, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Monsieur Christian Pereira, conseiller municipal de Port-de-Bouc ; Madame Marie-Hélène Raux, adjointe au maire de Port-de-Bouc ; Madame Annie Raynal, conseillère municipale de Gap ; Madame Evelyne Reissi, conseillère municipale de Port-de-Bouc ; Monsieur Paul Sabatino adjoint au Maire du Rove ; Monsieur Florian Salazar-Martin, président du groupe communiste à la ville de Martigues ; Monsieur François Secci, conseiller municipal du Rove ; Madame Marie-Christine Thibault, conseillère municipale de Port-de-Bouc…